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Roméo et Juliette, version hordienne
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Kalimsshar


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PostPosted: Sat 1 May - 17:11 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Sur une idée originale et bienvenue de MrQuiche, le grand metteur en scène de nos existences hihi, vous voici contée l'histoire tragique d'un Roméo et d'une Juliette éperdus d'amour. Les haines familiales et les zombies viendront-ils à bout des deux amants ? Quelle sera cette fois la fin de l'histoire ? Hmmm... Mystère ! Venez donc le découvrir ici ! hihi


La ville où tout le monde se déteste






Kalimsshar



Toute la cité est en émoi depuis ce matin. Le bienaimé protecteur de la cité, Scipion le sage, a disparu de façon tragique et mystérieuse.

Privée de son arbitre respecté de tous, les factions rivales de la ville déjà en froid sont sur le point d'entamer une vendetta sanglante. Chacune accuse l'autre d'avoir comploté et oeuvré pour la mort de Scipion et s'emparer du pouvoir.

Les Montpointu, un clan de travailleurs acharnés qui n'ont obtenu leur statut qu'à la sueur de leur front et sans pouvoir profiter du moindre privilège. La vie est rude pour les Montpointu mais par leurs efforts, ils entretiennent et développent la ville en s'occupant des chantiers et du travail en atelier en plus d'approvisionner la cité en matières premières. Leur rôle est donc essentiel. Ils sont parfois butés mais connaissent quelques astuces pour se tirer des pires ennuis. Ils n'ont pas une goutte de sang noble dans les veines mais ils sont les rois de la débrouille par la force des choses.

Face à elle, Les Capeillet. Véritables aristocrates et nantis de la cité, la fortune leur sourit depuis toujours. Dans ses augustes rangs, trois factions se disputent la suprématie :

D'abord, les discrètes et rusées capuches qui passent le plus clair de leur temps dehors. Certaines mauvaises langues prétendent que ce sont des assassins sournois et que le prince Scipion a pu périr de leurs mains expertes ou de leur poison foudroyant, une autre de leur spécialité selon la rumeur. Leurs élégantes capes sont enviées par les autres branches de la famille Capeillet. Les Montpointu eux n'ont guère le temps de fantasmer sur ce qu'ils n'auront jamais...

Ensuite, les fouines. L'oeil vif,(le poil luisant ?) une chance insolente et une pelle bien pratique pour donner des coups dans le sable ou autre chose. Les fouines sont celles qui s'y entendent le mieux pour trouver des objets rares dans le désert. Vous cherchez quelque chose ? Une fouine l'a sûrement déjà dans son sac. Quant à savoir si elle a vraiment trouvé ça au cours d'une fouille, c'est une autre histoire...

Enfin, les intimidants gardiens. En général tout en muscles jusqu'au niveau du cou (parfois plus), ils sont les protecteurs vigilants et parfois arrogants de la cité ou des citoyens qui s'aventurent dehors. Leur simple présence dissuade les zombies d'attaquer. Les gardiens paradent souvent dans les rues de la cité pour assurer la sécurité et frimer avec une vieille portière de voiture rouillée qu'ils pensent être les seuls à pouvoir soulever. Les gardiens vous protègent des zombies. Malheureusement, personne ne pourra vraiment vous protéger d'eux. Si vous avez de la chance, vous tomberez sur ceux qui ont un coeur en or, sinon vous aurez besoin d'un bandage...

On dit même qu'il existerait d'autres Capeillet, rejetés par leur famille ou qui ont volontairement coupé les liens avec les leurs, lassés de leur nature assommante. Certains citoyens ont en effet aperçu au dehors des hommes bien en vie et crasseux qui ne reviennent jamais en ville. Les Capeillet sont furieux à la seule évocation de ces ermites pouilleux lors des soirées mondaines et refusent obstinément de reconnaître leur existence. Ils seraient prêts à les éliminer purement et simplement pour éviter que leur réputation ne soit entâchée par la présence de ces brebis galeuses dans leurs rangs.

Kalimsshar Montpointu, habitant de son état, errait d'un pas mal assuré à travers les ruelles de la ville depuis des heures, la mine sombre. Le pauvre était la risée de sa propre famille car trop “maladroit”. Il faut dire qu'il était gaucher, c'était presque une excuse naturelle selon lui ! C'est un fait qu'il bousillait tout ce qu'il touchait et qu'il n'était rien d'autre qu'un boulet pour les siens aux chantiers ou en atelier. La dernière fois qu'il avait touché une scie, il avait failli se couper la main en oubliant ce qu'il faisait un instant pour contempler un nuage qui passait...

Bien sûr, les Capeillet ne l'estimaient pas non plus. Déjà qu'un Montpointu était en soi une faute de goût, un Montpointu comme lui c'était carrément une erreur de la nature risible.

Kalimsshar soupira... Il se sentait seul et perdu. La récente disparition du prince Scipion l'avait plongé dans une profonde mélancolie.
Il s'agissait d'un brave homme mais aussi de la seule “soupape” capable de faire baisser la pression entre les familles de la ville et éviter un immense bain de sang.
D'ici peu, la situation risquait fort de s'envenimer et il ne voulait absolument pas que cela se produise... Il marchait nerveusement en espérant trouver une solution. Peu habitué à l'effort, il avait le souffle court...


EllundrilChariakin

Un chevelu amicale passa par las bas-fonds de la ville. Le pauvre semblait blessé aux pieds et aux mains... rien de bien grave, il ne s'agit que de quelques trous, un banal accident de perforeuse sans doute...
"Soyez amour" qu'il disait...
Le pauvre fou n'avait plus toute sa tête...
Il semble vraiment aimer son prochain, si bien qu'il n'hésita pas un soir à aller prêcher la bonne parole le brave homme...
Dans la pénombre il alla rencontrer ses brebis égarées.
"mangez, ceci est mon corps, buvez ceci est mon sang,touchez pas c'est mon cul "
On peut dire que ses nouveaux amis ne se firent pas prier, et c'est dans la joie et la bonne humeur que le festin nocturne commença....

Être gentil nui gravement à votre santé.
Pour améliorer votre état de santé tuez au moins 5 zombies par jour et mangez des fruits.


Bocky


Partout des regards méfiants, partout des complots. Les gens se lançaient des cailloux, invoquaient en vain le nom de Scipion. Scipion. S'il avait été là, peut-être aurait-il convaincu tout le monde que vivre en paix était possible et qu'il n'était pas nécessaire de se déchirer. Mais il n'était plus, et les Montpointu haïssaient les Capeillet autant que les Capeillet haïssaient les Montpointu. Pire encore, les Capeillet s'étaient divisés en quatre gangs qui ne faisaient plus confiance qu'à eux mêmes.

Bocky Capeillet regrettait que les choses se soient envenimées à ce point. Bien que gardienne dans l'âme, elle ne se sentait pas à sa place parmi les boucliers. On lui avait appris à mépriser les Montpointu, ces moins que rien qui restaient planqués aux chantiers, ces geignards incapables de faire trois pas seuls dans le désert. Aussi ne fut-elle pas surprise de voir EllundrilChariakin, un Capeillet du clan des fouines, se moquer d'un jeune habitant au milieu de la ville.
« Ils ne sont pas des tiens, passe ton chemin » lui souffla sa petite voix intérieure. « Va rejoindre les gardiens, vous devez élaborer une stratégie. »



Mais Bocky ne parvenait pas à détacher ses yeux du jeune Mointpointu un peu gauche qui semblait déambuler au hasard dans la ville. Contrairement aux autres citoyens du Coteau Pitoyable, il ne semblait pas belliqueux, ni même méfiant. Il avait juste l'air triste.

La gardienne s'arrêta au coin de la rue pour le regarder marcher, la tête basse, perdu dans ses pensées. Le garçon l'intriguait et elle aurait aimé savoir s'il était aussi pacifique qu'il en avait l'air.

Mais il était impensable qu'elle adresse la parole à un Montpointu. Alors elle ne fit que regarder.
_________________
???


Last edited by Kalimsshar on Tue 11 May - 15:11 (2010); edited 1 time in total
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PostPosted: Sat 1 May - 17:11 (2010)    Post subject: Publicité

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Bocky
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Joined: 08 Oct 2009
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PostPosted: Sun 2 May - 20:42 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Hibiscus:

Amis lecteurs , presentation de nos tourtereaux tourmentés par les haines familiales .

Kalimshar Montpointu

http://www.youtube.com/watch?v=c6y0b3CqZ2Y&feature=player_embedded

Bocky Capeillet

http://www.youtube.com/watch?v=I6p_uZWSBX0&feature=player_embedded



Kalimsshar

La cité était en ébullition. Le corps sans vie du prince avait été retrouvé. La famille des Capeillet avait décidé d'organiser ce soir de grandes festivités en sa mémoire en guise de funérailles officielles.

Le prince aimait plus que tout les bals masqués où les différentes branches de la famille pouvaient se réunir sans risquer des effusions de sang, personne ne sachant vraiment à qui il s'adressait.
La famille Capeillet était tiraillée entre le souhait de respecter les volontés probables du défunt et sa répugnance vis à vis des Montpointu. Normalement, Capeillet comme Montpointu étaient conviés. Les Capeillet avaient décidé de rester entre eux pour cette soirée et plusieurs gardiens surveillaient les entrées du vieux château de Scipion où se tenait le grand bal.

Les Montpointu avaient du mal à avaler la pilule alors même que Scipion, qui s'était certes élevé au rang de gouverneur de la cité, était à l'origine un Montpointu. Ils subissaient de nombreux affronts mais celui là était particulièrement blessant.

Kalimsshar ne l'entendait pas de cette oreille. Lui et ses amis désiraient plus que tout se rendre à cette fête à la fois pour s'amuser et honorer la mémoire de Scipion. Ils étaient en droit de le faire. Il n'était pas question de procéder par la force puisqu'ils ne la possédaient pas et que beaucoup n'auraient pas souhaité en faire usage si c'était le cas... Si les Montpointu ne brillaient pas par leurs talents naturels, la lucidité ne leur était pas étrangère. Il fallait donc trouver une autre solution.

Kalimsshar alla trouver son jeune complice et ami Rubixscube. Un Montpointu qui était un véritable casse-tête pour ses interlocuteurs. Les pauvres se perdaient dans le labyrinthe complexe et coloré de ses paroles, élégante structure qui n'était pourtant qu'un pâle reflet de ses pensées profondes.
Il était aussi un membre de la confrérie secrète des masqués. Confrérie qui comprenait des sympathisants parmi les Capeillet. Rubi, comme l'appelait Kalim, comptait bien profiter de la complicité d'un gardien masqué pour réussir à s'introduire avec quelques autres Montpointu à la soirée. Pour cela, Rubi confectionna des masques en bois à la forme un peu particulière. Un signe de reconnaissance à l'adresse d'un vigile. Le gardien en question ne pourrait que les laisser passer.
Un bal masqué était l'occasion rêvée de cotoyer sans se faire prendre les Capeillet, et Kalim, curieux de nature, comptait bien en profiter pour mieux connaître ceux qui ne lui adressaient la parole que pour l'insulter avec une moue d'écoeurement ou une lueur de mépris dans le regard.

La petite ruse fonctionna et Kalim souhaita bonne chance à ses amis avant de s'en séparer et de se mêler à la foule. La foule des Capeillets.
Il prit le temps de contempler les lieux, ébahi par un confort qui n'était pas à sa portée.
Rien qu'avoir des murs autour de lui et un toit pour dormir dépassait ses rêves les plus fous. Ici, de jolis objets de décoration agrémenter la pièce. Quelques lampes de chevet étaient disposées à chaque coin de la grande salle qui s'offrait à sa vue. Une agréable lumière se diffusait dans la pièce et l'enveloppait dans une espèce de cocon protecteur et rassurant. Des meubles ? Les Capeillet en avait par dizaines et ils étaient bien entretenus.

Kalim, enchanté par ces merveilles, reporta son attention vers les personnes qui l'entouraient lorsqu'il se rendit compte que plusieurs regards s'étaient posés sur lui. Il se perdait dans la contemplation extasiée d'une vieille rocking chair qu'il s'amusait à faire balancer de l'index depuis un moment en souriant comme un enfant. Les invités à la fête portaient des masques raffinés qui évoquaient différents animaux à poils ou à plumes dont une bonne moitié lui était inconnue. Sans doute des espèces disparues avec le cataclysme qui avait détruit l'ancien monde. Leurs tenues élégantes lui fit craindre que son habit, bien que nettoyé avec soin, ne trahisse sa condition mais il lui sembla qu'ils ne voyaient en cela qu'une faute de goût.

Il était nerveux et il faisait chaud avec tous ces gens. Il écouta de nombreuses conversations sans y prendre part pour jauger un peu. Beaucoup de choses lui échappaient, d'autres considérations le surprenaient. Ces gens n'avaient vraiment pas les mêmes préoccupations qu'un Montpointu.

Et puis il la vit. Une jeune femme évaporée qui parcourait la salle et qui semblait flotter au dessus des autres et de leurs folles et futiles considérations. Il ne pouvait plus la quitter des yeux. Son coeur se mit à battre à tout rompre et il n'entendit bientôt plus les personnes qui pourtant parlaient d'une voix forte à moins d'un pas de lui. Il avança machinalement vers elle, comme attiré par une force irrésistible...

Alors qu'il s'approchait, une espèce de majordome guindé annonça que le bal allait s'ouvrir. Un silence se fit dans la salle. Kalim épiait la demoiselle alors qu'une douce musique se mit à envahir la pièce. Recevant cela comme un signal, les Capeillet formèrent des couples pour se mettre à danser.

Kalim prit par une impulsion soudaine, se précipita vers elle :

“Voulez vous danser belle inconnue ?” demanda t-il avec un sourire complice en lui tendant sa main gauche en signe d'invitation à le rejoindre.


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Bocky
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PostPosted: Sun 2 May - 22:09 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky

Depuis que Scipion était passé de vie à trépas, toute la famille de Bocky n'avait plus qu'un mot à la bouche: la fête. Non pas que les Capeillet aient particulièrement souhaité la mort du prince mais les funérailles d'un homme si important étaient un événement. Et chez les Capeillet, il n'y avait pas d'évènements sans fête.

Depuis que l'annonce d'un grand bal avait était faite, une effervescence hors du commun régnait dans le grand château. L'immense salle principale avait été entièrement redécorée et Bocky avait vu les dernières piles être utilisées dans la petite centaine de lampes qui entouraient la pièce. Tandis qu'elle déambulait entre ces lampions improvisés, elle ne pouvait s'empêcher au jeune Montpointu qu'elle avait aperçu le matin même dans les rues de la ville. Peut-être pourrait-elle le croiser au bal... Elle se sentait si fatiguée de la vie mondaine que c'était la seule chose qui la poussait encore à sortir de sa chambre.

« Nous n'inviterons pas les Montpointu. Ces moins-que-rien n'ont pas leur place dans un château. Scipion était peut-être clément envers eux mais nous ne laisserons plus leurs semblables se mêler à nous. »

Bocky se retourna brusquement, cherchant du regard qui avait pu prononcer ces mots. Elle trouva vite. Le seigneur Shurgaal, debout sur l'estrade, tentait de faire entendre raison à Xtrangelus. Mirran l'approuva avec un ricanement.

« S'ils veulent un bal, ils n'ont qu'à l'organiser. »


Xtangelus sembla grogner quelques instants mais ne s'opposa pas à la décision. Bocky crut l'entendre murmurer « Sale capuche... » mais elle ne faisait déjà plus attention à eux. Les Montpointu ne seraient pas invités, le seigneur Shurgaal avait trop d'influence pour cela. Quelques jours auparavant, cette nouvelle ne lui aurait fait ni chaud ni froid mais elle savait à présent que sa seule chance de pouvoir aborder l'habitant mélancolique venait de s'envoler. Elle était d'autant plus désemparée qu'elle ne comprenait pas pourquoi cela lui faisait autant d'effet.

*Ce bal sera l'occasion de te trouver un bon parti.*
souffla la petite voix dans sa tête * Le prince Bedilius sera là. Et le Seigneur Acidestyle également! On dit qu'il a survécu plus de deux semaines dans une cité maudite...*

Mais Bocky avait le cœur triste. Acidestyle avait au moins deux fois son page et Bedilius avait l'allure d'un cochon armée d'une hache. Elle n'avait pas plus envie de les fréquenter que de manger les os charnus qui trainaient aux abords de la ville. Son esprit revenait inlassablement vers le jeune Montpointu. Tant pis...il fallait essayer de profiter de la fête malgré tout.


Et le bal commença. Un long défilé de têtes masquées et de coiffure élégantes envahit la pièce et submergea la jeune gardienne. Elle ne voulait saluer personne. Rajustant son loup, elle s'assit à la fenêtre et regarda au dehors. Devant le château, un groupe de Montpointu insultaient les gardes, le poing levé. Bocky regarda l'un d'eux se jeter sur la porte en hurlant « Scipioooon! » et frissonna. Shurgaal avait eu raison de ne pas laisser entrer ces sauvages. Elle finit par quitter son poste d'observation, résolue à trouver un cavalier présentable parmi la masse des invités présents. Après tout, les Capeillet étaient civilisés et il y en aurait bien un pour l'inviter à danser.

Elle se déplaça à travers la salle de bal, espérant attirer l'attention d'un potentiel cavalier. Un éclaireur la dépassa, le bec dépassant de dessous son masque, sans lui prêter la moindre attention. Bocky soupira et essaya de se rapprocher des porteurs de boucliers qui étaient restés en groupe à l'autre bout de la pièce.

Avant qu'elle n'ai pu en parcourir la moitié, une voix retentit, puissante, du milieu de la pièce. « Mesdames et Messieurs, le bal est ouvert. Le seigneur Shurgaal vous souhaite une excellente soirée. »

« Et que Scipion repose en paix » murmura une voix plus discrète à côté de Bocky. Surprise, elle se retourna pour découvrir un jeune homme portant un curieux masque en bois. Celui-ci la fixa quelques instants comme s'il cherchait à voir à travers son masque puis passa son chemin en grommelant « Scusez-moi... ». Bocky regarda autour d'elle et réalisa qu'il n'était pas le seul original à porter l'étrange masque blanc: plusieurs garçons ainsi dissimulés évoluaient discrètement dans la foule. Avant que Bocky n'ait pu se demander qui ils étaient, la musique se déclencha et l'assemblée s'ébranla. Évitant les danseurs, la jeune Capeillet reprit sa progression vers le groupe des gardiens où il se trouverait peut-être quelqu'un d'assez galant pour l'inviter à danser.

Elle n'en eut pas le temps. Au bout de quelques pas, une main tendue vers l'interrompit dans sa course et une voix mélodieuse couvrit l'espace d'un instant la musique. “Voulez vous danser belle inconnue ?” Réalisant qu'on s'adressait à elle, Bocky tourna la tête et se retrouva de nouveau face à face avec un masque blanc. Troublée, elle ne répondit pas tout de suite et observa celui qui l'abordait. A travers la plaque de bois qu'il portait sur le visage, elle ne pouvait voir que ses yeux. Verts et pleins d'espoir. Elle s'y perdit un instant puis répondit.

« Bien sûr. Ce serait un honneur. »

Elle sourit et mit sa main dans celle de l'inconnu. Alors qu'ils commençaient à danser elle lui souffla, curieuse:

« Est-ce que nous nous connaissons? »


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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Mon 3 May - 17:18 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Kalim était aux anges. La mystérieuse demoiselle aux yeux de saphir l'avait immédiatement envoûté de son regard intense et lumineux.

A présent, ils dansaient au milieu de la foule. La foule n'existait plus. Le temps était comme suspendu. Il ne la quittait pas des yeux de peur qu'elle ne s'évanouisse dans l'air... Il n'osait même pas ciller. Chaque instant en sa compagnie était le plus précieux des trésors.

Bientôt elle lui susurra à l'oreille de sa voix douce une question qu'il craignait d'entendre... Il tressaillit un instant et eut un léger mouvement de recul avant de se reprendre et de se pencher vers elle en souriant, les yeux pétillants :

“Que répond votre coeur à cette question ? Le mien ne cesse de répéter “oui” depuis que votre main est dans la mienne ! Comme s'il vous connaissait depuis toujours...”

Le jeune Montpointu était inconscient du danger qui planait sur lui et les siens. Le moindre faux pas et il faudrait s'échapper sur l'instant. Une trentaine de Capeillet les entourait. A tout instant, la lame empoisonnée d'une capuche pouvait frapper, une pelle ou un bouclier s'abattre sur leurs crânes. Seul ce masque de bois peint en blanc qu'ils portaient tous les protégeaient. Un rempart bien précaire...

Kalim ne savait pas non plus que la demoiselle était actuellement le meilleur parti que pouvaient espérer les jeunes et fougueux Capeillet. A vrai dire, tous ces prétendants le fixaient des yeux depuis qu'il avait abordé la belle inconnue sans qu'il n'y prête attention. Chacun lui lançait des regards noirs avec cette volonté manifeste de percer son masque, cherchant à savoir de quelle branche de la famille Capeillet il pouvait bien être. Sa façon de danser, ses habits, ses mains... Ils l'épiaient avec l'oeil d'un rapace concentré sur sa proie.

Evidemment, ils auraient bien du mal à distinguer un trait caractéristique d'un Capeillet mais un seul d'entre eux pourrait-il songer qu'il puisse être un Montpointu ? C'était une idée bien saugrenue. Qui pouvait soupçonner que le seigneur Shurgaal, leur principal calomniateur en public, leur avait offert sa complicité par fraternité envers les mystiques masqués qui selon la rumeur étaient présents dans de nombreuses cités ?

Peacewalker Montpointu était aussi dans la place. Contrairement à Kalim, il était sur le qui-vive. Il semblait chercher son chemin, peut être souhaitait-il se rendre auprès du corps de Scipion, qui avait été ramené au château, afin de le saluer une dernière fois ou essayer de déterminer la cause du décès de son ami ? Il n'était pas du genre à chercher la querelle mais il était conscient que tout pouvait dégénérer très vite... Il en suffisait d'un pour donner l'alerte.
_________________
???


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Bocky
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Joined: 08 Oct 2009
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PostPosted: Wed 5 May - 14:48 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky


Le garçon dansait bien. Virevoltante, Bocky oublia un instant qu'elle s'ennuyait et se laissa porter par l'euphorie. Son cavalier parlait bien, aussi. Il faisait de grandes phrases qu'il lui susurrait avec juste ce qu'il fallait de poésie et de malice dans la voix.

Elle sentait pourtant qu'il avait raison. Depuis qu'elle était dans les bras du mystérieux masqué, il lui semblait avoir atteint un état qu'elle ne soupçonnait même pas. Incapable de deviner qui se cachait derrière la plaque de bois blanc, elle avait pourtant l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Il ne s'agissait vraisemblablement pas d'un gardien car il ne portait pas de bouclier. Un éclaireur non plus. Bocky n'en avait jamais vu un seul se promener sans sa cape, même pour les bals masqués. Une fouine, alors? C'était possible, elle n'était pas une experte lorsqu'il s'agissait de différencier les clans de Capeillet.

Mais pourquoi s'interroger alors qu'il suffisait de profiter du moment et de la chaleur des bras de l'inconnu? Bocky, envoutée, faillit retomber dans une extase insouciante et se laisser bercer par la musique mais un mouvement au coin de son œil attira son attention et l'en empêcha. Les gardiens étaient en train de s'agiter. Plutôt fiers, ils n'essayaient de passer inaperçus et, allant à l'encontre du principe du bal masqué, arboraient leur bouclier d'un air suffisant. Bocky vit que certains d'eux ne portaient même pas de masque. Parmi eux, Acidestyle et Shurgaal la fixaient, en colère. Bocky, incapable de comprendre ce qui leur prenait, se blottit apeurée dans les bras de son cavalier. En voyant le seigneur Shurgaal froncer les sourcils, Bocky réalisa que ce n'était pas elle que les gardiens regardaient avec tant de haine, mais le mystérieux inconnu.

Inquiète, elle l'entraina à l'écart du mieux qu'elle put, tout en continuant de danser. Le garçon semblait insouciant de ce qui l'entourait et ne posait son regard intense que sur elle. Elle était troublée et heureuse de cette attention mais elle estimait que Shurgaal avait l'air suffisamment furieux pour que lui échapper devienne sa priorité. Elle avait déjà eu affaire à lui par le passé : il lui avait plusieurs fois fait des avances et ne souffrait pas que d'autres lui tournent autour.

D'un geste un peu sec, Bocky tira son partenaire derrière une alcôve.

« Eh! Où allez-vous comme ça? »

Shurgaal. Bocky risqua un regard vers le maître des lieux et le vit gesticuler entre les couples pour tenter de parvenir jusqu'à eux. De son bouclier, il poussa un danseur qui s'écroula et perdit son masque. C'était Gitou, qui n'apprécia pas et se mit à invectiver le gardien en se relevant.

Alors, tout dégénéra.

Shurgaal, continua sa progression en ignorant Gitou et bouscula Kokaine. Ce dernier tomba sur Brounie qui s'étala de tout son long. Mirran se mit en travers du chemin de Shurgaal, lui interdisant le passage. Rugissant, celui-ci frappa l'éclaireur au visage avec son bouclier. Brounie s'était jeté sur Kokaine qui espérait profiter de l'occasion pour rentre la monnaie de sa pièce au gardien brutal. Ils roulèrent au sol tandis que Dysto se jetait sur Mirran, pourtant déjà à terre. Shurgaal croyant pouvoir passer, trébucha sur la jambe qu'un des garçons au masque blanc avait intentionnellement laissé trainer là. Un peu plus loin, LaFolieTic essayait d'étrangler Meriwen qui lui avait malencontreusement renversé du sirop sur le pied une demie-heure auparavant.

Bocky vit alors une masse d'invités en colère jeter violemment Shurgaal et Dysto hors du château. Elle réprima un hoquet, choquée. Le seigneur Shurgaal et le prince Dysto étaient pourtant deux des personnages les plus importants du bal.

« Comment osez-vous faire une chose pareille? Savez-vous à qui vous avez affaire? Si vous restez cloîtrés dans d'aussi bêtes querelles au lieu d'honorer Scipion, alors je préfère être jeter hors d'ici, moi aussi! »

C'était Acidestyle, qui, indigné, était monté sur une chaise pour lancer ce dernier appel au clans qui se déchiraient. Quelques ricanements parcoururent la foule et plusieurs « D'accord! » « Si tu veux! » moqueurs retentirent. Acidestyle se dirigea alors vers la porte d'un pas digne, son bouclier au côté.

Brusquement, Amsara et LaFolieTic se saisirent de lui et le firent reculer brutalement. Tolki, du balcon, leur lança une corde qu'ils accrochèrent au cou du gardien, et avant que qui que ce soit ait pu dire un mot, il lâchèrent les bras d'Acidestyle qui se mit à pendre dans le vide. Il se débattit un instant puis cessa de bouger. Personne n'avait fait un geste pour l'aider.

Les trois « justiciers » jetèrent quelques regards menaçants autour d'eux pour voir si un invité réagissait. Brounie cracha:

« Bande de lâches. A trois contre un... »

Tolki sauta du balcon pour se jeter sur elle et la bagarre reprit de plus belle, comme si rien ne s'était passé.

Consternée, Bocky détourna la tête et se souvint en le voyant qu'elle était toujours dans les bras de l'inconnu et se dégagea précipitamment. Comme pour se protéger, elle enroula ses bras autour de ses épaules. Elle regrettait d'avoir laissé son bouclier chez elle.

« De quel côté êtes-vous? Qui défendez-vous? »

Apeurée, elle recula jusqu'à ce qu'elle sente le mur derrière elle. Du coin de l'œil, elle vit N0ktis se faire jeter dehors, livré à la colère des Montpointu. Qu'allait-il se passer?


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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Wed 5 May - 19:49 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar





Kalimsshar ne répondit pas tout de suite... Il ôta d'abord son masque pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues.


“Je suis du côté du coeur et de la raison. Un camp dont nos familles semblent avoir oublié jusqu'à l'existence...
Je suis navré. Je n'aurais jamais dû venir à cette soirée. Cela aussi, c'était pure folie et maintenant que vous pouvez voir mon visage vous savez pourquoi. Je ne suis qu'un Montpointu...
Et pourtant... Non, je ne ressens aucun regret de l'avoir fait. Je vous ai trouvé ! Je suis avec vous. Je veux l'être !
Je ne peux supporter l'idée qu'il vous arrive malheur, je ne veux plus de morts insensées. Trouvons ensemble un moyen de mettre fin à cette querelle autrement que dans un gigantesque bain de sang. ”


Kalimsshar étreignit la main de l'inconnue avec force sans même s'en rendre compte :


“Serez vous avec moi ? Je lis dans vos yeux que vous êtes étrangère à toute cette violence, qu'elle vous répugne autant qu'à moi. Oh et je n'y vois pas que cela bien sûr, il y a quelque chose de plus essentiel que vos yeux me disent mais...”


Kalimsshar s'interrompit soudain. Il porta son regard vers la salle et reconnut Peacewalker, de nature habituellement si paisible, se jeter dans la mêlée bientôt suivi par Rubix. Thyphus observait en ricanant comme à son habitude la situation en train de dégénérer. Tous avaient jeté ou perdu leurs masques dans la bagarre... Des gouttes de sang avaient souillé les masques autrefois immaculés.
Rubix semblait tour à tour prendre parti pour l'un ou l'autre des clans de la famille Capeillet chaque fois que l'un lui soufflait des promesses de pouvoir. Thyphus prêtait aussi une oreille attentive mais garder ses distances. Pilolivier avait fui la scène sous les huées des Capeillet et n'espérait sans doute pas regagner la cité avant un moment...


Les yeux verts de Kalim prirent une teinte sombre face à ce spectacle avant de luire d'un nouvel éclat, celui de la résolution.


“Non. Cela ne peut pas être ! Il faut les raisonner. Certains nous écouteront. Mais... Je ne connais même pas votre nom. Je vous en prie, dites le moi, cela m'aidera à trouver la force qui me manque encore. Pressez vous, ils approchent !”


Kalim glissa à l'oreille de la demoiselle son nom... Il se permit aussi de la serrer près de lui dans un bref instant de complicité au milieu de cette tempête. Certains gardiens semblaient furieux et d'autres simplement surpris qu'il ne soit pas repoussé d'emblée et éclaté contre le mur après une telle audace.


Des capuches se tenaient non loin dans les ombres, armées de tournevis à pointe cruciforme d'où dégoulinaient un peu de sang. Au travers des ombres, on ne voyait de leurs visages que leurs sourires blancs et sinistres. Les fouineurs luttaient toujours à grand coups de pelle avec leurs adversaires et faisaient surtout mal aux meubles qui avaient le malheur de croiser les trajectoires approximatives de leurs attaques. Le corps sans vie d'Acidestyle se balançait lentement en grinçant et, tel un métronome déréglé, battait la mesure de façon grotesque.


Kalim s'avança d'un pas nerveux, espérant que la jeune gardienne le suivrait, se râcla la gorge pour éclaircir sa voix et commença à s'adresser à la foule hostile...
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Bocky
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Bocky


Bocky ne put réprimer un sursaut en découvrant le visage de son mystérieux cavalier. Il n'avait pas fière allure, mouillé de larme et déformé par la tristesse mais elle le reconnut sans peine. C'était celui qu'elle avait aperçu, celui qu'elle avait attendu. Celui qui, inexplicablement, lui avait fait tant d'effet au premier regard.

Il se tenait devant elle comme elle n'avait cessé de l'espérer et pourtant rien n'était comme elle l'avait imaginé. Elle n'avait pas prévu cette guerre qui se déroulait sous leurs yeux, ni les meurtres, ni les abus de pouvoir. Elle s'était attendu à une rencontre idyllique et elle ne voyait qu'un champ de bataille qui semblait être le présage de leur séparation.

Le garçon parlait, des sanglots dans la voix, mais elle n'entendait pas, ne comprenait pas ce qu'il disait. Elle se contentait de le fixer, partagée entre le désir de se lover au creux de ses bras et la peur qui lui enjoignait de fuir au plus vite le château. La jeune gardienne ne reprit conscience de ce qui l'entourait qu'en entendant le mot « Montpointu ».

Bien sûr. Ce n'était qu'un Montpointu. Toute à sa surprise, Bocky avait complètement oublié que son bel inconnu était l'un de ses sauvages qui tambourinaient à la porte, exigeant de pouvoir assister à la fête. Il faisait partie de ce groupe de jeunes masqués qui à présent distribuaient les coups plus souvent qu'à leur tour, n'hésitant pas dans la confusion à blesser leurs supérieurs. Qu'était-elle en train de faire? Pourquoi restait-elle à écouter ce misérable habitant alors qu'elle aurait du brandir son bouclier au côté des siens? Et comment osait-il lui prendre la main, maintenant qu'il avait dévoilé son identité?

Bocky ne dégagea pas sa main. Elle leva lentement les yeux vers le jeune Montpointu et sentit que toute son éducation de Capeillet était partie en fumée. « Serez-vous avec moi? » chuchota-t-il. Le cœur de la gardienne explosa d'un gigantesque « OUI » mais elle serra les dents sans répondre. Elle laissa le garçon lui expliquer qui elle était, à la fois choquée et troublée par son audace.

Au moment précis ou son regard la lâcha pour inspecter la pièce, Bocky comprit ce qu'elle faisait dans les bras de cet inconnu au lieu de se battre pour ses frères. Elle voulait vivre couvée par ce regard pour l'éternité. Elle ne supporterait pas qu'il la quitte. Comme pour le lui montrer, elle tourna la tête dans la même direction que lui.

Ce qu'elle vit ne fit que la conforter dans sa décision. Le premier garçon masqué qu'elle avait aperçu au début du bal venait de se jeter sauvagement sur Dorabb et l'avait blessée avec un bris de verre. Furieuse, la fouine l'avait projeté au sol et le rouait à présent de coups sans faire mine de vouloir s'arrêter. Lorsque la dernière des chaises se brisa sur un dos, Thyphus, lassé de ricaner, vola ce qu'il put emporter et s'enfuit par la grande porte en la claquant bruyamment.

*Qu'il rejoigne ses amis les sauvages.*
se surprit à penser Bocky, avant de réaliser que les Capeillet eux-mêmes, ces nobles aux manières si policées, avaient dépassé ce soir-là les limites de la sauvagerie. Elle ferma les yeux en entendant la voix de son « sauvage » pourtant si pacifique, le moins-que-rien qui valait plus que tout à ses yeux, murmurer doucement à son oreille. « Ils approchent! ». Bocky rouvrit les paupières et se mit à paniquér à la vue d'Allias, Gitou et Amsara qui avançaient, l'air menaçant. Peacewalker les suivait de près, un bâton sec à la main, comme s'il espérait pouvoir les attaquer par derrière. Bocky frissonna. Avant qu'elle ait pu réagir, des bras protecteurs entourèrent ses épaules tremblantes et elle perçut, dans un souffle, le son le plus beau qu'il lui ait été donné d'entendre. « Kalimsshar... ».

Il y eut des cris. Un gardien indigné rugit. Elle entendit les Capeillet grogner mais elle ne leur prêtait plus la moindre attention. Son univers venait brusquement de se réduire aux bras de Kalimsshar. Profitant de la surprise qui régnait dans l'assistance, elle se hissa sur la pointe des pieds et chuchota « Bocky » au jeune Montpointu.

Alors il se sépara d'elle et s'avança vers la foule, la main tendue derrière lui comme s'il espérait son soutien. Bocky hésita. Tous étaient tellement hostiles. Perché sur le balcon d'où pendait la corde d'Acidestyle, Oyin ricanait en la regardant. Bedilius cracha à ses pieds en lançant un regard chargé de mépris à Kalimsshar. En entendant EllundrilChariakin lancer un « Crevure! » qui fut repris par le reste des invités, Bocky recula en frissonnant. Les Montpointu la fixaient avec haine et l'un deux lança même une assiette en sa direction. Tout se mélangeait dans sa tête. L'honneur des boucliers, le nom de Kalimsshar, la fête, Scipion, la mort d'Acidestyle, le regard de son cavalier, les huées, cette main tendue. Cette main tendue, surtout.

Kalim reprit alors sa marche vers les familles ennemies et Bocky reconnut la démarche maladroite qui l'avait envoutée la veille en ville. Elle ne put s'empêcher de sourire. Alors, affrontant le rempart des regards hostiles et des quolibets, elle avança la tête haute. Elle ne voyait plus que les yeux verts et profonds de Kalim, elle n'entendait plus que sa voix.

Alors qu'il s'apprêtait à parler, elle glissa sa main dans la sienne et la serra aussi fort qu'elle le put.


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Kalimsshar


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PostPosted: Thu 6 May - 16:41 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


 
Kalim sentit la main de Bocky serrer la sienne avec passion. Il sentit la chaleur de ce contact à la fois doux et puissant se répandre en lui comme un fluide d'énergie mystique. Ses yeux s'enflammèrent et prirent l'éclat d'une émeraude parcourue par un rayon de soleil.


Kalimsshar se sentait galvanisé par la simple présence de Bocky à ses côtés. En cet instant, il se sentait même assez fort pour affronter toutes les épreuves. Pour la première fois de sa brève existence...


Sa voix se mit à résonner dans la pièce plongée dans le silence depuis que tous les regards haineux de l'assistance s'étaient fixés sur ce couple improbable :


“ Capeillet et Montpointu ! Je vous en prie, écoutez moi ! Ecoutez nous !”


Kalimsshar plongea un instant son regard dans celui de Bocky et serra plus fort sa main douce.


“Oubliez cette haine qui vous dévore plus vite que la plus pernicieuse des infections... Songez à toutes ces morts inutiles ! Il est encore temps de renoncer à cette folie... Songez à Scipion dont vous salissez tous ce soir la mémoire. Songez qu'il a rêvé jusqu'à sa mort d' une paix entre nous. Pourquoi ne pouvez vous vous entendre ? Pourquoi cette barrière entre Montpointu et Capeillet ? Pourquoi ces querelles intestines qui pourrissent les branches de la famille Capeillet et qui n'apportent à tous que peine et souffrances ? Voulez vous vous entretuer jusqu'au dernier ? Le dernier survivant sera t-il satisfait de l'être parmi un tas de cadavres, ceux de ses amis comme de ses ennemis ?


Nous pouvons vivre ensemble. Nous pouvons vivre plus longtemps unis ! Les zombies frappent chaque nuit à nos portes. Pendant que vous complotez entre vous, ils avancent. La construction des chantiers qui pourraient les repousser a été délaissée. Vous avez jugé meilleur de concentrer votre énergie à détruire l'autre. Personne n'ose sortir dans la rue et encore moins dans l'outremonde de peur de se retrouver devant des portes closes le soir à entendre ricaner à travers les murs ceux qui lui ont joué ce sale tour...


Capeillet, vous avez perdu de vue ce qui fait ou faisait de vous des héros pour la cité. La noblesse d'âme, celle qui vient du coeur, qui vous fait lutter contre l'adversité et non contre vos propres frères ! Cette flammequi peut naître à tout instant en mainte occasion et peut tout aussi facilement s'éteindre, étouffée par l'orgueil.


Montpointu, apprenez à tendre la main après avoir tant serré vos poings ! Ce n'est qu'ainsi que le cycle de la violence pourra enfin se dissoudre et n'être plus qu'un loitain souvenir...


Reprenez vous tous et construisons ensemble la plus belle des cité afin d'y vivre !


Montpointu et Capeillet peuvent se supporter et même s'aimer je vous l'assure. Nous sommes deux à le faire ce soir. Le destin m'a fait aimé celle que vous chérissez. Ne pouvez vous envisager de suivre cet exemple... Ce que vous pourriez considérer comme un caprice du destin... Ne pouvez vous y voir un signe qu'il vous adresse en désespoir de cause ?”


La voix de Kalim avait tremblé d'émotion alors que les phrases s'enchaînaient. Il parlait sans même voir la foule à laquelle il s'adressait. La seule chose qu'il percevait étaient les battements de son coeur et celui de Bocky près du sien...
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Bocky
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PostPosted: Thu 6 May - 21:57 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky


Bocky écouta le discours de Kalimsshar, la main toujours serrée dans celle du jeune homme. Il était si émouvant, ainsi dressé contre la foule, qu'elle dut se retenir pour ne pas verser une larme.

« Ecoutez-nous ! » implora-t-il alors que les Capeillet le huaient. Lorsqu'il se tourna vers pour elle pour trouver dans ses yeux le soutien dont il avait besoin, Bocky vit que quelque chose avait changé en lui. Kalim rayonnait d'une puissance nouvelle, comme si la flamme rouge de la passion brûlait au plus profond de lui. Pour lui redonner du courage, Bocky lui offrit son plus beau sourire. Elle sentit le Montpointu serrer sa main avant de reprendre d'une voix plus assurée.

Certains des invités se moquait toujours de lui mais ils se turent dès qu'il invoqua le nom de Scipion. Bocky lut la honte dans le regard de ses frères, pourtant toujours mêlée à la haine. Le silence s'était fait et seule la voix de Kalimsshar, poignante, retentissait encore dans la salle de bal. Bocky laissa chacun de ses mots pénétrer en elle afin qu'ils s'y gravent pour toujours.

« Nous sommes deux à le faire ce soir. » Bocky fut submergée d'une vague de chaleur en entendant ces mots. Elle avait beau s'être mis ses frères à dos, elle ne s'était jamais sentie aussi heureuse qu'en ce moment où Kalim disait l'aimer. Il acheva son discours, la voix tremblante, puis le silence se fit. Personne n'osait dire un mot.

Finalement, Kokaine murmura « Ah oui, les zombies... ». Le garçon au masque blanc tâché de sang se tourna vers lui et proposa: « Il faudrait construire un truc pour les empêcher de passer. » « Un truc coupant, de préférence. » ajouta Brounie avec un sourire carnassier. Ils avaient cessé de se battre et discutaient à présent pour tenter de repousser un ennemi commun. Oh bien sûr, il y avait encore des insultes et Bocky en vit plus d'un se faire bousculer, mais la sauvagerie bestiale qui les animait encore quelques instants auparavant semblait avoir disparu. La gardienne entrevit même EllundrilChariakin qui offrait à Rubixcube un gros livre usé en faisant de grands gestes pour lui expliquer son utilisation.

Profitant du nouvel esprit qui animait les invités, Bocky lâcha la main de Kalim et fendit la foule jusqu'au corps d'Acidestyle. Sans un mot, elle décrocha le gardien inanimé et l'étendit sur une des rares tables qui n'avait pas été renversée et lui ferma les yeux, essayant d'ignorer la langue bleue et boursouflée qui dépassaient des lèvres du cadavre. Puis elle ramassa le bouclier du défunt et retourna auprès de Kalimsshar.

« Peu importe qui tu es et d'où tu viens. Tu es citoyen de cette ville tout comme moi. Ce soir, tu es l'un des miens, tu es l'un des nôtres. Ce soir, tu veilleras sur mon cœur. Ce soir, tu es gardien. »

Solennellement, elle lui glissa le bouclier dans la main et posa son bras sur celui de Kalim. Dans la salle, les bagarres avaient finalement repris: Rubixcube tentait de frapper Oyin avec son gros livre bleu, sans parvenir toutefois à blesser l'éclaireur qui esquivait les coups beaucoup trop rapidement. Gitou se fit jeter dehors par une bande de capuches alors qu'il essayait de piquer des gateaux et des bouteilles en les cachant sous son pull. Bocky soupira. Les choses n'allaient pas s'arranger vite, c'était certain. Peut-être même ne s'arrangeraient-elles jamais. Mais quoi qu'il arrive par la suite, quel que soit le nombre de zombies qui se jetteraient sur les Capeillet et les Montpointu pour les dévorer, elle aurait au moins passé cette nuit aux côtés de Kalim. Les gardiens n'avait montré aucune colère lorsqu'elle lui avait confié le bouclier d'Acidestyle, certains semblaient même l'accepter. Hibiscus fit un bref signe de tête, comme pour montrer son approbation, ce qui rassura Bocky.

Elle se blottit contre Kalim et ils restèrent enlacés, tous deux cachés derrière le grand bouclier.


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Kalimsshar


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PostPosted: Fri 7 May - 15:14 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Le couple décida d'un regard complice de  s'éclipser de la soirée alors que les querelles mesquines reprenaient pour enfin partager leur amour dans l'intimité réconfortante d'une tente. Cachés aux yeux du monde, épargnés par les zombies qui gémissaient en vain aux portes, la nuit fut enfin propice aux amants.

Au petit matin, Kalim caressa le visage de la belle encore endormie. Il préféra ne pas la réveiller. Etrangement, dans son sommeil, elle parlait d'oubliettes, “N'oubliez pas les oubliettes, s'il vous plaît !” murmurait-elle avec angoisse. Kalimsshar sourit et lui déposa un baiser sur le front avant de se diriger vers les chantiers.

Il y avait déjà du monde sur place. Deux capuches discutaient et hochaient la tête d'un air entendu. Kalim eut, par réflexe, un frisson, s'inquiétant de cette entente qui chez les capuches pouvait signifier un traquenard. Toutefois, elles ne lui prêtaient aucune attention. Elles semblaient trop préoccupées pour même songer à afficher le mépris de rigueur en présence d'un Montpointu.

Kokaine insistait :

“Il nous faut les dispositifs d'urgence ou nous sommes tous morts ce soir, je te dis !”

Tolki, mal rasé et pas très réveillé grommelait :

"Mouais... T'as pas tort... Bon, ok. Je vais fais un petit effort à l'atelier. Mais c'est vraiment parce que j'ai rien d'autre à foutre en ce moment..."

Kalimsshar s'approcha et fit un salut distant aux deux capuches pour ne pas trop faire bouillir leur sang de noble, si prompt à s'échauffer.

“ Si vous le permettez, il est temps de songer à exploiter notre stock de dynamites, allumer des torches et à entamer la construction qui...”

Il marqua une pause en songeant aux trois Montpointu morts au petit matin. Deux avaient préféré tenter leur chance dans le désert plutôt que de rester plus longtemps dans cette ville. Ils l'avaient payé de leurs vies. PeaceWalker avait succombé à la maladie, vomissant ses tripes et se tordant de douleur sous ses yeux. Ils n'étaient plus que trois, trois Montpointu...

Kalim reprit la parole alors que les deux Capeillet commençaient à se demander s'il n'était pas complètement abruti :

“ La construction qui a fait la renommée de notre famille et a sauvé jadis la cité de nombreuses attaques. Le Montpointu ! Cet édifice astucieux dont nous avons le secret et qui...”

Tolki le coupa séchement en ricanant et voulut finir la phrase de Kalim :

“... s'érige à partir d'un tas de détritus dont vous avez aussi le secret.”

Kokaine esquissa un sourire méprisant.

Kalimsshar ne se laissa pas démonter pour autant et rétorqua :

“Peut être... Mais il se pourrait bien que le montpointu soit aussi la seule défense qui restera entre nous et des hordes de zombies ce soir. Il peut nous permettre d'espérer un lendemain. Alors, je vous en prie, oublions nos querelles et concentrons nos efforts sur les derniers chantiers d'urgence que nous pouvons encore faire. Je compte sur vous pour faire passer le mot en ville...”

Kalim préféra ne pas attendre la prochaine réponse sarcastique qui ne manquerait pas de venir. Il pensait si fort à Bocky. Il décida d'aller la rejoindre.
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Bocky
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PostPosted: Fri 7 May - 20:27 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky


Bocky se réveilla seule dans la tente de Kalimsshar. Les souvenirs de la nuit précédente remontèrent à la surface de sa mémoire petit à petit et elle ne put s'empêcher de sourire. Une nuit comme elle n'en avait jamais vécu. La petite tente de Kalim n'avait pas le luxe de celle dont elle venait, avec pour seul ameublement un frigo et une vieille lampe qui ne semblait plus s'allumer, mais Bocky s'y sentait comme dans le plus beau des palaces.

Elle s'étira et vérifia qu'il ne lui manquait aucun membre. Non pas que Kalim ait été particulièrement brutal mais la ville avait craint la veille que les zombies ne soient nombreux aux portes de la ville. Apparemment, aucun n'avait pu rentrer mais ce n'était que partie remise, Bocky le savait. Tout à fait réveillée à présent, elle passa la tête par l'entrebâillement de la tente, espérant apercevoir Kalimsshar aux alentours.

Il était aux chantiers, et Bocky ne le voyait que de dos, sans pouvoir entendre ce qu'il disait à Kokaine et Tolki. Les regards méprisants qu'ils jetaient à son aimé ne lui échappèrent pas et elle dut se retenir pour ne pas bondir hors de la tente leur mettre une torgnole à chacun. Puis elle se souvint qu'elle n'était pas en tenue pour bondir où que ce soit et se mit en devoir de retrouver ses affaires dans le fouillis du lit de camp.

Une fois habillée, elle fit quelques pas au dehors, en direction du Montpointu et des deux Capuches. Leurs ricanements et leurs remarques lui firent serrer les poings et elle se mit à marcher d'un pas vif, décidée à ne pas laisser les éclaireurs s'en tirer comme ça. Alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres derrière Kalim, son discours de la veille lui revint en mémoire. Chaque mot, chaque intonation du garçon exalté par la paix retentit dans son esprit. Elle baissa les poings, consternée de voir que son réflexe était toujours celui de la violence. Kalimsshar, lui, ne l'avait pas encore vue et était resté très calme devant les réactions moqueuses des deux Capeillet.

*Fais lui confiance.* susurra la petite voix dans sa tête.

Bocky s'arrêta et se força à respirer calmement. Il fallait rester maître de sa colère, il ne fallait pas foncer dans le tas. Devait-elle laisser ces deux là s'en tirer, alors? Indécise, la gardienne se crispa. Lorsque Kalim fit volte-face pour rejoindre sa tente, elle se jeta dans ses bras et murmura:

« Retiens-moi ou je fais un malheur... Comment peux-tu les laisser te parler comme ça? »

Elle s'interrompit, honteuse de réaliser qu'elle aurait agit comme les deux Capuches si elle avait dû s'adresser à un Montpointu à peine quelques jours auparavant. Elle entrecroisa ses doigts avec ceux de Kalim et leva les yeux vers lui.

« Vous êtes peut-être les spécialistes du tas détritus, mais vous ne serez pas seuls à travailler pour l'ériger. Regarde. »

Bocky indiqua du doigt à Kalim qu'Hibiscus avait déjà déposé son bouclier pour se mettre à l'ouvrage et empiler les babioles inutiles et parfois repoussantes qui trainaient en ville. Kalim sourit et se précipita pour l'aider, rassemblant avec ardeur tous les déchets qui lui tombaient sous la main. Avant que Bocky ait pu faire un geste, ils avaient terminé une structure, certes frêle, mais qui ne serait pas un obstacle de trop face à l'attaque des Hordes. La jeune gardienne ramassa un morceau de ferraille et le jeta en haut du tas qui venait de s'élever devant la porte.

« Nous le ferons, ce Montpointu. C'est peut-être lui qui nous sauvera, finalement. »


Bocky revint se lover dans les bras de Kalim, espérant que la lutte des classes qui avait lieu en ville n'empêcherait pas leur survie à tous. Rien n'était calme, malgré leur appel au bal, peut-être juste un peu moins brutal. Copeau, Amsara et HordesShadow gardaient la tente de Rubixscube pour l'empêcher d'accéder à la banque mais ne s'adressaient pas la parole, leur regard méfiant dardé sur les cachettes éventuelles des armes des autres. Elle-même savait que seule la présence apaisante de Kalim l'empêchait de céder à la violence.

Elle caressa la joue du jeune habitant puis l'embrassa doucement. Si l'amour était plus fort que la haine ce soir, peut-être pourraient-ils passer une dernière nuit ensemble. Peut-être.


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Kalimsshar


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PostPosted: Sat 8 May - 20:25 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar 


Kalimsshar sortit de ce qui lui semblait un long et doux rêve. Il avait travaillé jusqu'à épuisement aux chantiers. Alors que la nuit tombait, Bocky l'avait ramené presque inconscient sous sa tente, non... Leur tente ! Elle l'avait ranimé avec amour par de délicates et sensuelles caresses.

Gardiens et fouines avaient travaillé ensemble pour dresser le mont pointu aux portes de la cité avant que les hordes ne déferlent sur la ville. L'édifice culminait à plus de douze mètres et avait fière allure. Enfin, dans le style décharge publique...

Alors que Bocky portait sa frêle personne sur ses épaules robustes, il souvint aussi avoir cru distinguer des ombres s'agiter près des chantiers. Kalim aurait juré qu'il s'agissait des légendaires capuches qui avaient peut être choisi de dissimuler leur présence et leur soutien. Mais peut être était-il tout simplement victime d'hallucinations avec toute cette fatigue ? Il n'avait rien avalé de solide depuis un moment et il manquait d'eau. Tout était possible.

Kalim s'étira comme un chat avant de se recroqueviller brutalement sous le coup des crampes et des courbatures multiples. Il émit un petit cri de douleur. “Bocky doit déjà être dehors” songea t-il. En pensant à l'élue de son coeur, la douleur s'apaisa presque. Ses forces lui revinrent doucement...
Le soleil avait déjà bien avancé dans sa course lorsqu'il émergea de la tente. Les zombies n'avaient pas franchi le portail et beaucoup s'étaient empalés sur le mont pointu mortel. Mais...

Quelque chose avait changé en ville. Kalim réalisa que les deux autres Montpointu étaient sous étroite surveillance. Les gardiens patrouillaient régulièrement autour du taudis qu'Emi avait jugé bon de construire. Le malheureux avait aussi “égaré” la scie dans une maison à présent trop grande et trop peu familière pour qu'un esprit aussi fragile que le sien ne perde pas ses repères. Au coin des ruelles sombres furetaient aussi quelques capuches. Elles veillaient à ce que Rubix n'essaie pas de s'introduire dans la cité. Il avait choisi “l'exil forcé” en échange du savoir interdit des ermites. La mort l'attendrait le temps qu'il faut dans l'outremonde.

Même chez les gardiens et les fouines, on voyait fleurir ici et là un taudis au luxe tapageur et scandaleux alors que chacun sacrifiait sa sueur et les ressources mises en commun pour transformer la ville assiégée en un fort imprenable.
Pourtant, il y avait encore une lueur d'espoir. Aujourd'hui comme hier, les travaux allaient bon train et les agressions étaient moins fréquentes. Apaisement des esprits ? Epuisement général ? Mort des plus hargneux ? Un peu des trois sans doute !


Kalim participait serein. Il avait eu la chance de trouver au cours de son escapade de nombreuses souches. Depuis son retour, il dévorait Bocky des yeux tout en manipulant la scie mais curieusement ses gestes étaient assurés et précis. Il était plus euphorique que jamais. Il songeait que s'il abattait assez de labeur, il serait payé en retour par une nuit de plus en sa compagnie à oublier tous les malheurs de ce monde dévasté. Une nuit à s'aimer...
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Bocky
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PostPosted: Sun 9 May - 00:15 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky


Les jours se succédaient les uns aux autres et il fallait sans cesse recommencer les mêmes chantiers, faire le même travail ennuyeux à l'atelier. Pourtant, à l'ouvrage aux côtés de Kalim, Bocky ne ressentait aucune monotonie. Leurs efforts de la veille avait payé et la nuit qu'ils avaient pu passer ensemble avait semblé encore plus magique que la précédente, si cela était possible. C'était un Kalimsshar fatigué mais vaillant qui avait partagé son lit ce soir là.

Elle se réveilla dans les bras du jeune Montpointu, anxieuse. Les zombies n'étaient pas venus, elle en était heureuse, mais ils étaient de plus en plus nombreux à s'amasser autour de la ville. Elle s'extirpa à regret de l'étreinte de Kalim et monta au sommet de la haute tour qui surplombait le village. Il y avait autant de zombies que la veille, c'était même peut-être pire. Certains disaient que leurs compagnons disparus rejoignaient les rangs des mort-vivants la nuit venue mais Bocky s'efforçait de ne pas y penser. Brounie, Mirran, Shurgaal... Tous ces morts inutiles hantaient-ils à présent l'Outre-Monde. En descendant de la tour, elle s'appliqua à se persuader du contraire. Après tout, ils avaient donné une sépulture à ces infortunés, non? Bocky soupira, sachant pertinemment que le Seigneur Shurgaal avait péri dans le désert où il s'était enfui et que son corps n'avait pu être retrouvé. Il fallait penser à autre chose, à l'espoir.

Elle se mit à l'ouvrage, décidée à garder ses compagnons en vie. Elle passa une bonne partie de la matinée à disposer des explosifs aux abords de la ville, puis elle entama le tas de détritus. Quelques Capeillet la rejoignirent, ce qui fit sourire la jeune gardienne. Il y a peine une semaine, il aurait été impensable que les nobles s'abaissent à construire un tel tas d'immondice, c'était la tâche des Montpointu. Mais la population des habitants s'était tellement réduite au cours des derniers jours que tous les clans de la famille de Bocky travaillaient à présent aux chantiers sans rechigner.

Bocky réalisa que Kalim était le seul Montpointu encore en vie qui n'était pas considéré comme un paria par le reste des citoyens. Était-ce parce qu'il avait reçu le bouclier d'Acidestyle? Non, bien sûr. Bocky se mordit les lèvres, elle s'en voulait d'avoir pu penser une chose pareille. Si Kalim était accepté dans la cité, c'est qu'il travaillait dur et qu'il inspirait naturellement la confiance, si bien qu'aucun des Capeillet n'aurait plus songé à lui interdire l'accès aux divers privilèges dont ils bénéficiaient. Il était le seul rescapé de son clan mais Bocky s'était promis de le protéger au prix de sa propre vie s'il le fallait. Elle ne supporterait pas de le voir mourir.

« Il faut allumer des torches », lança-t-elle à la cantonade. « Nous ne pouvons pas laisser certains d'entre nous être dévorés par simple négligence. »

« Relax », répondit Tolki avec un sourire amusé. « J'ai de bons yeux et je peux t'assurer qu'il n'y a pas assez de zombies dehors pour percer nos défenses. »

Bocky regarda l'éclaireur, incrédule. Il semblait si sûr de lui, répétant à qui voulait l'entendre qu'il avait tout calculé au bout de membre en putréfaction près. A ceux qui paniquaient toujours, il montrait un petit bout de papier sur lequel il avait tracé toutes sortes de courbes compliquées et leur démontrait par a plus b qu'il ne fallait pas s'inquiéter. A ses côtés, Amsara acquiesçait, tout à fait convaincue en ajoutant de temps en temps: « C'est prouvé, son truc. Ça marche. »

La jeune gardienne secoua la tête, incapable de croire en de fragiles statistiques alors qu'il s'agissait de la vie de Kalim. Un œil sur Tolki et l'autre sur les souches en banque qui n'attendaient que d'être allumées, elle hésitait. Kokaine leva les yeux au ciel.

« Vous les gardiens, vous êtes toujours tellement stressés... Puisqu'on vous dit qu'il n'y a pas de danger! Tout ce qu'on risque, c'est d'avoir un peu les jetons cette nuit! »

Bocky hocha la tête avec lenteur. Elle ne demandait qu'à croire le gang des Capuches mais l'inquiétude était toujours présente dans son cœur. L'image d'un zombie dévorant son cher et tendre lui traversa l'esprit et elle ne put réprimer un spasme d'horreur. Elle ne laissera pas cela arriver. Pas tant qu'elle serait en vie.

Empoignant son bouclier, elle se dirigea vers la tente de Kalimsshar où il était parti s'étendre, à bout de forces. Lorsqu'elle écarta la toile grossièrement taillée, elle vit installé sur le lit de camp et ne put s'empêcher de sourire tendrement. Il semblait l'attendre et l'invita à rentrer d'un regard.

Bocky ne se fit pas prier. Elle déposa négligemment son bouclier à l'entrée de la petite tente et rejoignit Kalim, abandonnant les manières brutales qu'elle adoptait à l'extérieur pour ne pas se faire submerger par les moqueries perpétuelles des Capuches. Elle se glissa tout contre lui, prête à faire de cette nuit la meilleure en espérant que ce ne soit pas la dernière. L'espace d'un instant, leurs corps réunis lui firent oublier les hordes et les luttes insensées de sa famille. Elle s'abandonna toute entière à la passion, à la joie d'avoir trouvé celui avec qui elle pourrait demeurer jusqu'à la mort et même au delà.

Puis l'attaque vint, impitoyable. Bocky entendit les hurlements des putrides alors que les explosifs faisaient leur office devant la porte de la ville et se blottit dans les bras rassurants de Kalim. Le jeune Montpointu lui caressa tendrement les cheveux. « Ils ne passeront pas.», chuchota-t-il, apaisant. Bocky ferma les yeux et attendit, pleine d'espoir, mais également prête à bondir au moindre bruit suspect.

Il ne passa rien. Les zombies cognèrent aux portes une heure durant puis leur cris s'éloignèrent avant de s'évanouir dans le lointain. Bocky se détendit, soulagée. Bien sûr, il faudrait recommencer à construire au matin, mais pour l'instant, il fallait surtout profiter de cette nuit de sursis qui leur était accordée. Les capuches avaient eu raison, finalement, et malgré sa fierté de gardienne, elle en était très heureuse.

« Emi a claqué. » cria quelqu'un dans une tente voisine. « La soif... »

Plus que deux Montpointu... Qui serait le prochain? Épuisée, Bocky s'endormit aux côtés de celui qu'elle aimait.


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Kalimsshar


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PostPosted: Sun 9 May - 19:30 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Une nuit de plus que le destin avait offert aux deux amants. Kalim réussissait à vivre d'amour et d'eau fraîche tirée du puits depuis plusieurs jours. Le manque de nourriture ne l'affectait pas plus que ça. D'autres plaisirs de ce paradis terrestre lui étaient offerts...


Il était heureux et reconnaissant en se dirigeant vers la tour de guet au petit matin. Le bois était légèrement humide et dégageait un parfum agréable. Après quelques minutes d'observation, Kalim eut un large sourire ; la situation n'était pas plus dramatique que la veille. La nuit avait des chances d'être paisible.


Bien sûr, il était indispensable de reprendre encore et encore les chantiers. Il s'affaira donc avec d'autres citoyens à ramenet assez de bois et de feraille pour attaquer les travaux pénibles. A présent, chacun savait ce qu'il avait à faire. Le mont pointu se dressait déjà peu après le lever du soleil. Tout autour, on installait de quoi mener la “vie” dure aux rares zombies qui auraient pu passer : un dédale de planches amovibles pour les égarer dans des pièges mortels. Les fouines se concentraient sur le grand fossé qu'il creusaient toujours plus profond à grands coups de pelle. Ils se rendirent compte qu'ils avaient presque atteint la roche dure et que malgré tous leurs efforts, ils ne pourraient aller beaucoup plus loin. Demain, il faudrait songer à trouver autre chose...


Pendant ce temps là, HordesShadow traînait en ville comme une âme en peine. Il semblait avoir perdu toute volonté de vivre. Il n'avait plus rien de la démarche assurée d'un Capeillet naviguant dans des hautes sphères qu'un Montpointu n'aurait pas même pu distinguer, embourbé qu'il se trouvait dans ses préoccupations terre à terre. Après un long soupir, il avait fini par jeter sa pelle dans la fosse à pieux. Il s'était ensuite agenouillé, s'était pris la tête dans les mains et gémissait. On le vit enfin diriger ses pas vers la banque pour prendre des baies à l'odeur nauséabonde dont personne ne voulait. Il les avala sans sourciller et se tordit bientôt de douleur. Des filets de bave d'un joli mauve jaillirent par gros bouillon de sa bouche et même de tout son oesophage enflammé en émettant des petits bruits de succion écoeurants. Rubix décida de faire la sale besogne et d'évacuer le cadavre. Il voulait faire bonne figure et avait beaucoup de travail pour y parvenir. Il n'était vraiment plus en odeur de sainteté en ville et les capuches lui lançaient des regards noirs chaque fois qu'il avait le malheur de tomber sur l'une d'elles.


Le crépuscule approchant, on peaufinait les chantiers. Kalim avait évoqué la possibilité de se lancer dans une amélioration des logis de chacun. C'est vrai qu'il aurait aimé partager un peu plus d'espace avec sa dulcinée. Il se demanda soudain où elle était passée ces dernières heures.. Il avait vraiment envie de la voir, il se sentait déchiré de l'intérieur chaque fois que Bocky s'éloignait de lui. Il se dirigea vers le quartier des gardiens dans l'espoir de vite la retrouver...
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???


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Bocky
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PostPosted: Mon 10 May - 22:24 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky



La routine semblait s'être installée dans la petite ville où une quinzaine de citoyens subsistaient encore. Chaque matin, les habitants se relayaient pour monter à la tour et scruter l'horizon , redescendant toujours avec un sourire confiant. Les chantiers allaient ensuite bon train et les animosités semblaient avoir disparu. Les différentes classes mettaient du cœur à l'ouvrage, sauf les Fouines, toutes mortes ou exclues de la société, ce qui n'était pas une grande perte. Elles avaient été les plus hargneuses lors de l'incident du bal, quelques jours auparavant, n'hésitant pas à attaquer de nombreux citoyens à coup de pelles. Bocky ne les regrettait pas, mais elle regrettait qu'une entente n'ait pas été possible avec elles.

Ce matin là, Bocky eut la surprise de se réveiller dans un taudis bien plus spacieux et bien rangé que la vieille tente de Kalim. Elle n'y avait prêté attention la veille mais le jeune Montpointu avait profité de la nuit et d'une planche pour améliorer un peu son logis. La gardienne s'étira, heureuse de pouvoir profiter d'un peu d'espace, et se leva pour aller essayer la rocking-chair chair qui trônait au centre de la petite pièce. Satisfaite et heureuse de cette nouvelle vie qu'elle menait, elle s'accorda quelques minutes pour se laisser bercer, loin de l'agitation de la ville. Mais Kalim lui manquait, et elle dut s'arracher au confort de son mobilier pour aller le chercher.

Au dehors, la tension était palpable. Les petites maisons comme celles de Kalimsshar avaient poussé comme des champignons tout autour du puits vide et les Capeillet étaient fébriles. Bocky fronça les sourcils, inquiète. Même les Capuches s'agitaient alors que le soleil n'était pas encore au zénith: c'était mauvais signe. Bocky monta à la tour de guet pour évaluer la situation et son sang se glaça. Les putrides, agacés de se heurter à leurs défenses précaires tous les soirs, avaient décidés de revenir cette nuit et de ramener des amis. Bocky en compta près de 600 avant de perdre le compte, complètement déboussolée. Atterrée par l'attaque qui les attendaient, elle descendit de la tour de guet à pas lents et se laissa glisser au sol.

« Eh! Fais pas cette tête! »
, lui lança Xtrangelus. « On peut passer si on s'y met tous. Construis-toi un taudis, va apporter ta pierre aux chantiers mais ne reste pas plantée là les bras ballants! »

Bocky le regarda un instant sans comprendre, puis acquiesça. Le gardien avait raison, il fallait continuer à y croire, construire les mêmes chantiers que la veille, faire comme si l'attaque n'était pas plus grosse que d'habitude. Feindre et espérer.

De sa place, Bocky vit Dorabb se trainer avec peine hors de son taudis. La malheureuse était désséchée et gémissait « À boire, s'il vous plaît, à boire... ». Diverses personnes se succédaient auprès d'elle aussi discrètement qu'elles le pouvaient pour voir ce qu'elle avait à offrir en échange. Intriguée, Bocky se déplaça pour voir de quoi il en retournait et inspecta le contenu de l'abri de la Fouine. Une lampe, un bâton, et un gros sac qui cachait sans doute quelque mystère que Dorabb ne voulait pas révéler au grand public. Bocky s'éloigna sans demander de détails mais Kokaine se faisait plus insistante.

« Viens, on va faire ça dehors. Viens, mais lève-toi, enfin! Traine cette carcasse jusqu'aux portes et je t'apporte une ration. »

Mais Dorabb, affalée sur le sol, ne semblait rien entendre de ce que lui soufflait la Capuche. Aux quatre coins de la ville, les parias semblaient tous tenir leur petit marché, de façon plus ou moins efficace. Rubix et Allias agitaient tous les deux leur morceau de grillage, chacun espérant avoir les prix les plus attractifs. Gitou se faisait un peu plus discret, essayant de sortir de la ville sans se faire repérer. Mais malgré ses efforts, quelques petits malins remarquaient son taudis abandonné et en profitaient pour piquer ce qui leur tombait sous la main.

Après avoir erré en ville pendant une bonne partie de la journée, Bocky finit par retourner chez Kalim, où elle le trouva, confortablement installé dans la rocking-chair. Comme à son habitude, le jeune Montpointu semblait paisible, mais aux aguets.

« Je t'ai cherché partout. Qu'est ce que tu as fait de ta journée? Tu sais que c'est peut-être la dernière... »


Kalim lui sourit et elle se sentit soudain incapable de lui reprocher quoi que ce soit. Elle se jeta dans ses bras, un large sourire aux lèvres.




Kalimsshar



Kalim avait fait une étrange rencontre dans l'outremonde alors qu'il cherchait des souches... Dorabb, que certains qualifiaient de sorcière ou de folle, gémissait pour qu'on lui donne à boire et qu'on l'aide à rentrer.

Elle était épuisée. Kalim, n'eut pas le coeur de la laisser agoniser là. Il avait déjà de la peine en songeant à la fouine qui s'était tuée de désespoir hier. Cela suffisait. Bannie ou pas, personne ne mérite de subir un telle mort. La pauvre tremblait et suait abondamment. Elle semblait en manque et Kalim pu voir des signes manifestes de maladie. Pas étonnant qu'elle soit traitée à présent comme une pestiférée en ville.

Kalim prit son courage à deux mains et porta sur ses épaules l'infortunée malade après lui avoir fait boire un peu d'eau. Dorabb n'avait plus toute sa raison. Elle lui disait des choses étranges durant tout le chemin :

“C'est elle qui te donne toute ta force. C'est son coeur qui guide le tien, petit Montpointu. Tu es fort aujourd'hui mais sans elle tu voudras mourir, oui mourir ! Tiens prends ! Prends donc, je te donne !”

Dorabb lui avait glissé dans la poche un petit récipient au contact étrangement froid malgré la chaleur suffocante du désert ajoutée à celle de l'effort de la marche.

Kalim était inquiet...

“Mais qu'est-ce que c'est ?”


Dorabb eut un petit rire nerveux :

“ Mais le moyen de mettre fin aux souffrances qui te guetteront bien sûr ! Tu ne comprends rien pour l'instant mais quand viendra le moment, tu sauras quoi en faire, crois moi.”


Dorabb souriait comme si elle lui avait offert le plus précieux des trésors. Kalim aurait bien haussé les épaules mais la fouine pesait trop lourd pour qu'il y parvienne. Déjà qu'il avait du mal à éviter que le bouclier dont il avait hérité ne râcle le sol sablonneux...

Comme si ça ne suffisait pas, Dorabb s'agita bientôt comme une enfant impatiente. Elle cherchait partout son bâton sec et était sur le point d'éclater en sanglots.

Kalim, gêné, se contenta de répondre : “Ne vous en faites pas, nous sommes bientôt arrivés.” En fait, c'était surtout lui que ça soulageait.

De retour en ville, il tenta de faire abstraction des regards de travers que lui lançaient tous les honnêtes Capeillet. Il salua une dernière fois Dorabb avant de retourner à son taudis. Il s'affala avec délectation dans sa vieille rocking chair dont les grinçements sinistres formaient pour lui une douce et apaisante musique. Il espérait bien voir Bocky rentrer sous peu. En fait, il “sentait” qu'elle se rapprochait.

Et elle apparut sur le seuil du taudis quelques instants plus tard. Kalim jeta juste un regard vers le petit meuble où il avait caché le “cadeau” de Dorabb avant de lui offrir son plus beau sourire. Elle ne tarda pas à le rejoindre toute tremblante d'émotion. Elle avait besoin de tendresse. Kalim ne lui posa aucune question et passa une main caressante dans ses doux cheveux. Il lui murmura des mots d'amour et de réconfort au creux de l'oreille alors que le crépuscule assombrissait le ciel et la pièce...


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PostPosted: Today at 08:40 (2019)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne

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