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Roméo et Juliette, version hordienne
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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Tue 11 May - 15:05 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar (gentiment posté sur le FV par Oyin pour cause d'état de terreur, merci à lui Wink


Depuis que Kalim avait croisé la route de Dorabb, une angoisse inexplicable s'était emparée de lui.
Le jeune Montpointu eu un profond vertige. Un sentiment de vide. La nuit agitée qu'il avait passé avec Bocky n'avait rien arrangé. Il avait eu si peur de la perdre. Elle s'était blottie contre lui et l'avait serré fort alors que les zombies essayaient de défoncer la porte. Il l'avait aussi serré contre lui comme si cela pouvait la protéger même si la terreur pure se lisait autant sur son visage.


Au matin, il entendit une clameur en ville et décida d'aller voir de plus près. Plusieurs Capeillet riaient ensemble sur la place, peut être pour oublier toute l'horreur de la nuit passée et la perte tragique de deux capuches. Son arrivée rendit leurs sourires moins francs mais ne les effaca pas.


Kokaine saluait “l'utilité publique de s'être enfin débarrassé de cet idiot du village, ce bon à rien de Rubix”.


Le coeur de Kalim se serra. Rubix, le plus jeune et le plus tête brûlée des Montpointu. Ce personnage coloré auquel on avait l'impression qu'il manquait plusieurs cases... Rubix, le dernier Montpointu avec lui, son frère de sang... Et il n'était plus ?
Kalim ne put retenir ses larmes. Dorabb le réconforta d'une tape amicale sur l'épaule et déclara :


“Je le croyais idiot et méchant mais il ne l'était pas... Je veux dire méchant. Je suis désolé Kalim, mourir empoisonné c'est horrible et si salissant, je...”


Dorabb cracha un peu de sang sur son uniforme bleu en tentant d'achever sa phrase.


“Charmante ponctuation !” aurait lancé Kalim d'un ton enjoué habituellement... Mais son coeur était trop las pour y songer.


Le dernier des Montpointu ne répondit pas. Quelque chose était mort en lui. Il resta perdu dans ses sombres pensées de longues minutes, accroupi et sans prêter attention aux Capeillet autour de lui. C'était fini ! La famille Montpointu n'était plus... Il était seul dorénavant. Comme les ruines d'un vieux château, il était le dernier vestige et témoin brisé d'une époque. Il appartenait au passé. Il n'aurait plus jamais la complicité d'un frère ou d'une soeur. Il avait perdu tout ce qui comptait à ses yeux dans cette maudite ville. L'image mentale de la petite fiole qu'on lui avait offert se forma peu à peu dans son esprit. Etait-ce de cela dont parlait Dorabb ? La souffrance d'être seul...


Hibiscus et Xtrangelus le soulevèrent de terre avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrive. Ils lui parlaient avec douceur mais Kalim n'écoutait déjà plus. La vue de leurs boucliers chassa les pensées poisseuses qui engluaient sa volonté. Bocky ! Elle était là et bien vivante ! Apeurée comme lui, elle avait besoin de lui comme il avait besoin d'elle. Il avait une raison de continuer, de lutter. Il y avait encore moyen de trouver et de partager un peu de bonheur.


Kalim remercia les gardiens et fila à toute allure. Ils étaient heureux de voir qu'il ne se laissait pas aller au désespoir même s'ils ne comprenaient pas ce que le Montpointu avait en tête.


Kalim courait vers le corps de Rubix pour lui rendre un dernier hommage. Il trouva le corps abandonné dans le désert... Même les corbeaux n'en voulaient pas. Ils sentaient sans doute le poison. L'odeur du cadavre était repoussante mais il prit le temps de fermer ses paupières dans un geste solennel. Son regard tomba bientôt sur le vieux livre qu'il avait obtenu d'un Capeillet quelques jours auparavant. Il souffla sur la couverture pour en chasser le sable et la poussière. Le savoir perdu des ermites... Il tourna quelques pages et sa résolution grandit. Il avait un projet et ce don posthume de Rubix était un signe du destin.


“Merci mon vieux. Tu m'auras aidé même après ta mort. Surtout après en fait. Ne le prends pas mal mais tu as toujours été le membre le plus ingérable de la famille. Oh je ne t'en veux pas, il en faut bien un et tu savais être un bon ami. Repose en paix avec tous les autres ! Je reste ici et je m'occupe du reste. Tu as toujours eu confiance envers les autres Montpointu. Je ne te décevrai pas !”


Kalim, le coeur lourd, quitta la dernière demeure de son ami. Il l'avait recouvert de sable avant de retourner en ville. Il alla trouver Bocky. La pauvre était nerveuse mais ne cachait pas son plaisir de le voir.


“ Bocky ! Plus rien ne me retient ici maintenant que Rubix est mort et la ville ne sera bientôt plus qu'un champ de ruines. Tu l'as vu comme moi. Ils sont partout. Nous ne pourrons pas les arrêter cette fois. Mais nous pouvons encore faire quelque chose. Nous pouvons quitter cette cité condamnée pour tenter de survivre dehors ! Nous vivrons cachés tant que nous le pourrons ! Je t'en prie, viens avec moi mon amour ! Sans toi je n'en aurai pas la force et je ne peux pas non plus supporter l'idée que nous soyons séparés...”


Kalim s'était agenouillé et avait saisi la main de Bocky avec émotion alors qu'il lui faisait sa demande... Ses yeux s'étaient embués de larmes où se mêlaient le chagrin des pertes récentes et le vif espoir de pouvoir rester avec celle qui l'aimait pour affronter une dernière fois l'adversité qui s'abattait sur eux.
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PostPosted: Tue 11 May - 15:05 (2010)    Post subject: Publicité

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Bocky
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Joined: 08 Oct 2009
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PostPosted: Tue 11 May - 19:32 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky



Cette nuit fut la pire que Bocky avait jamais vécu, et elle espérait du fond du cœur que ce serait la pire qu'elle vivrait jamais. Une telle horreur l'aurait probablement achevée si elle avait dû recommencer une deuxième fois. Elle se souvenait avoir sangloté toute la nuit dans les bras d'un Kalim aussi terrorisé qu'elle pendant que les zombies se jetaient sans relâche contre la porte pour la défoncer. Les hurlements au dehors n'avaient cessé qu'au petit matin et Kalim, hagard, était sorti voir qui était encore en vie parmi les citoyens. Incapable de le suivre, Bocky s'était blottie dans un coin du taudis en tremblant de tous ses membres.

Elle tenta de se forcer à penser à des choses heureuses, à Kalim, à sa présence. Mais le Montpointu n'était pas auprès d'elle et la peur ne s'en allait pas. Elle ne cessait de repenser à l'attaque, aux cris, à ce bout de chair putréfiée qui avait réussi à se faufiler par un interstice entre la fenêtre et le mur. À bout de force, elle sortit de son sac une seringue de calmant qu'elle gardait précieusement depuis plusieurs jours et chercha fébrilement une veine sur son bras gauche.

La drogue fit son effet rapidement, distillant l'apaisement dans le corps de la jeune gardienne. Mais alors que la peur s'en allait, un autre sentiment, encore plus insidieux et plus tenace, fit son apparition. Le remord. Elle se souvint qu'elle avait purement et simplement éliminé Rubixscube, pourtant un ami de longue date de Kalim. Elle revit son visage enjoué, le masque blanc remonté sur le front, si impatient d'échanger son précieux grillage contre un peu d'eau... Et elle s'était débarrassée de lui, parce qu'il était un peu encombrant et qu'il parlait fort. Des larmes de regret se mirent à couler sur les joues de la jeune gardienne.

« Mais qu'est ce que j'ai fait? », gémit-elle « Qu'est ce que j'ai fait? »

Incapable de trouver assez de volonté pour se lever, elle resta prostrée dans un coin, essayant de chasser de son esprit la scène du pauvre Montpointu agonisant dans le désert. Comment pourrait-elle encore regarder Kalim en face après cet acte barbare? Elle s'en voulait terriblement. Imaginant la tristesse de Kalimsshar lorsqu'il découvrirait que le dernier de ses compagnons n'était plus, elle songea à mettre fins à ses jours. Après tout, c'était elle qui avait causé son désespoir en tuant tout ce qui lui restait de famille. Elle réalisa alors que tout son poison avait déjà été utilisé, et ses sanglots redoublèrent.

Lorsque Kalimsshar déboula dans le taudis, Bocky sourit du mieux qu'elle le put mais sa gorge se serra en voyant l'air meurtri de son aimé. Elle comprit qu'il était au courant et il ne la détrompa pas. «  Plus rien ne me retient ici maintenant que Rubix est mort » commença-t-il, la mine sombre. Bocky dut se faire violence pour ne pas fondre en larmes, incapable de soutenir le regard de Kalim. Lorsqu'elle le vit s'agenouiller, tremblant d'émotion, pour lui faire sa demande, elle ne put retenir un gémissement de culpabilité. Son crime lui brûlait des lèvres mais elle fut incapable d'avouer. Au lieu de cela, elle mit tout son amour dans sa réponse.

«  Je te suivrais où que tu ailles. Je t'aime plus que toutes les étoiles du ciel, je t'aimerais jusqu'à la mort. Ensemble, nous trouverons notre place. Nous se serons pas séparés, je te le promet. »

Kalim s'était relevé et l'avait étreinte passionnément. Bocky lui rendit son étreinte, submergée par l'amour et la honte. Pourrait-elle réellement suivre Kalim le cœur serein alors qu'elle avait assassiné son cousin? Indécise, elle le regarda qui préparait son sac avec détermination. Le jeune Montpointu avait décidé de partir par le Nord, précisément dans la direction où reposait le défunt Rubixscube.

Bocky inspira profondément. Elle savait qu'elle ne pouvait pas vivre avec ce secret sur la conscience. Il fallait se confier à Kalim, il fallait lui avouer son crime.

Et s'il la rejetait? S'il lui en voulait trop pour continuer avec elle? Alors elle n'y survivrait pas, elle le savait. Elle trouverait peut-être quelqu'un d'assez charitable pour l'aider à en finir. Elle pensa aux gardiens présents en ville. Il y avait si longtemps qu'elle ne les avait pas fréquentés, son monde s'étant réduit à la seule présence de Kalim. Ce monde qui allait peut-être s'en aller.

Mais il fallait qu'il sache. Il fallait qu'il puisse choisir en ayant tous les éléments.

« Kalim... »

La jeune fille tomba à genoux, retenant ses larmes.

« Kalim...Rubix...c'est moi qui l'ai... »

Les digues de ses larmes cédèrent, l'empêchant d'ajouter quoi que ce soit. Kalimsshar avait compris, elle en était sûre.


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Kalimsshar


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PostPosted: Tue 11 May - 20:30 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Ils étaient à présent deux à genoux. Bocky versait tant de larmes. Kalim avait perçu dans sa voix tremblante tout le poids d'une culpabilité qu'il n'aurait jamais pu soupçonner. Il était sous le choc depuis quelques secondes avant de réaliser que chaque seconde de ce silence qu'il lui imposait devait être une torture pour elle. Il aurait dû être en colère mais il n'y arrivait pas. Il l'aimait et savait que seul cet environnement malsain était la cause de toutes ces morts violentes. Ils n'allaient pas fuir que les zombies, ils allaient aussi fuir la folie meurtrière de cette ville déjà perdue.


“Bocky... Je...”


Kalim caressa le visage de Bocky en douceur, effaçant les larmes de ses doigts.


“Je t'aime plus que tout. Partons loin d'ici, partons maintenant !”


Il se leva lentement et invita Bocky à en faire autant, l'entourant de ses bras. Debouts, l'un contre l'autre, Kalim approcha ses lèvres de celles de Bocky. Ils s'embrassèrent avec passion et partirent sans se retourner vers un monde qu'ils espéraient meilleur, débarassé de cette haine qui rampait entre les rues de cette ville où la mort ne cessait de planer...
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Bocky
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PostPosted: Tue 11 May - 22:53 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky


Bocky leva les yeux vers Kalim, incapable de voir nettement à travers ses larmes l'expression de son visage. Elle crut un instant qu'il allait faire volte-face et quitter le taudis sans se retourner mais il s'agenouilla auprès d'elle et sécha doucement ses larmes.

« Pardonne-moi. » murmura-t-elle.

Mais il pardonnait. Bocky ne distinguait toujours pas les traits du jeune habitant mais elle entendait à sa voix qu'il ne lui en voulait pas. Une vague de soulagement et de reconnaissance l'envahit et c'est avec bonheur qu'elle embrassa Kalim. Comme au premier soir, elle glissa la main dans celle du garçon et il quittèrent ensemble la ville. Avant de passer les portes, Bocky se retourna une dernière fois et vit Hibiscus et Xtrangelus qui agitaient la main en sa direction. Ils avaient l'air serein et affronteraient l'attaque ensemble, Bocky le savait. Elle fit un grand sourire aux gardiens et leur souhaita bonne chance. Elle adressa également un signe de tête aux Fouines et un clin d'oeil aux Capuches. Malgré les tensions qui avaient déchiré la ville, tous les citoyens allaient lui manquer.

Elle serra fort la main de Kalim et s'enfonça dans le désert avec lui. Au bout de quelques minutes à peine, ils passèrent devant la sépulture improvisée de Rubixscube et Bocky sentit Kalim se raidir. Elle déglutit et baissa les yeux, consciente de la position difficile dans laquelle il se trouvait. Ensemble, il passèrent lentement devant le petit tas de sable qui cachait tant bien que mal le corps du paria. Bocky jeta un regard anxieux à Kalim mais il souriait paisiblement, cachant sa douleur derrière un masque de sérénité. Ou peut-être tout simplement heureux.

Ils marchèrent longtemps et le trajet fut épuisant. Kalim, encore sous le choc de l'attaque de la veille, n'était pas en pleine possession de ses moyens. Bocky espérait que ses révélations n'étaient pour rien dans les gestes mal assurés du garçon et elle ne lâchait pas sa main, s'efforçant de lui transmettre un peu de la force qu'elle avait retrouvé.

Lorsqu'il atteignirent l'endroit que Kalim avait choisi pour camper, il faisait déjà nuit noire, et avant qu'ils n'aient pu réagir, sept zombies sortis de nulle part les encerclaient, menaçants. Bocky, la main sur son pistolet à eau, protégea Kalimsshar de son bouclier.

« Reste en retrait, je m'en occupe. »

D'un coup sec, elle projeta la charge du jouet devenu arme sur le premier des zombies qui s'écroula en gargouillant. Bocky pesta: le pistolet était déjà vide. Vaguement inquiète, elle se retourna vers Kalim et le vit bondir en avant sans aucune hésitation. Le Montpointu fit valser la tête d'un de leurs agresseurs à l'aide du bouquin qu'il tenait toujours fermement en main. Puis, sans reprendre son souffle, il expédia son pied dans le ventre d'un deuxième zombie, qui se décomposa sous le choc.

À peine décoiffé, il revint tranquillement vers Bocky qui le regardait, interloquée. La gardienne resta bouche bée quelques instants puis reprit contenance et ébouriffa les cheveux de Kalim en souriant.

« Merci, mon héros. Je me charge de contenir ces quatre là, ils ne nous embêterons pas. »

Kalim acquiesça et, après un bref coup d'œil à son livre bleu vif, commença à préparer un campement de fortune. Bocky l'observa attentivement et l'imita, sans lâcher son bouclier. Ils eurent bientôt fini un petit abri camouflé mais plutôt confortable.

« Le mieux serait de se cacher dans un trou », proposa Kalim, le manuel en main. « Nous serions plus tranquilles pour la nuit. »

Bocky opina, regrettant pour la première fois de ne pas être une Fouine. À défaut de pelle, elle creusa avec ses mains jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus sentir ses doigts, levant parfois les yeux sur Kalim qui travaillait dur à ses côtés. Leur besogne accomplie, les deux amants renversèrent à demi leur matelas dans la tombe et le dissimulèrent avec des branches mortes et du feuillage. Bocky contempla leur ouvrage, satisfaite, pendant que Kalim lui soufflait:

« Cache-toi la première, je te rejoins tout de suite. »


La gardienne s'exécuta, s'efforçant de trouver une position confortable dans le trou boueux qu'elle venait de creuser. La nuit était froide et les zombies commençaient à s'activer, émettant des bruits gutturaux peu rassurants. Bocky était sur le point de rentrer en ville, trouvant que dormir à la belle étoile était franchement une mauvaise idée, lorsque Kalim se glissa dans la cachette à ses côtés. Aussitôt, elle fondit et se blottit dans les bras du jeune Montpointu. Avec prudence, elle couvrit la tombe de son bouclier et ferma les yeux, la main de Kalim dans la sienne.

Elle n'aurait pas pu rêver meilleur endroit pour passer la nuit.


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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Wed 12 May - 19:42 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar



Les nuits dans l'outremonde sont glaciales... C'est ce que disent depuis toujours les citoyens qui vivent bien au chaud dans leurs maisons. Pourtant, blottis l'un contre l'autre, Kalim et Bocky arrivaient à se réchauffer mutuellement. Il y avait bien des zombies qui gémissaient autour d'eux mais ils ne leur prêtaient que peu d'attention. Kalim savourait ces instants d'intimité. Il avait encore peur mais l'assurance de la gardienne était communicative. Il se sentait aimé et protégé. Il essaya d'effacer les visages des morts, particulièrement des Montpointu, qui hantaient son esprit.


Au petit matin, Kalim souleva timidement avec l'aide de Bocky le bouclier pour examiner les environs. Tout semblait calme. Kalim avait bien réfléchi. Il voulait éviter de préparer le camp en catastrophe comme la veille. Ils avaient heureusement tous les deux pris de bons réflexes et savez comment faire au mieux. Ils partirent donc main dans la main dès l'aurore pour chercher de quoi survivre. Les deux amants avaient appris à observer le terrain et à deviner où pouvaient se trouver des objets utiles. Ils avaient ainsi découvert quelques affaires laissées là à l'abri des regards par des campeurs qui avaient été leurs prédécesseurs. Un peu d'eau et de nourriture, une manne providentielle vu leur situation.


Au loin, ils distinguaient à peine les ruines de la ville. La tour de guet qui servait de phare au citoyens égarés ne se dressait plus dans l'horizon. Elle était brisée en son milieu et toute la ville ressemblait à un énorme amoncellement de matériaux. Ils détournèrent vite le regard pour ne pas s'appesantir sur tout ce qu'il avaient perdu. Kalim fixa Bocky du regard et lui fit un sourire complice. Il s'approcha pour lui effleurer la joue et dégager une mèche de cheveux que la poussière et la sueur avaient collé sur son front.


Ils se remirent à creuser en riant... Kalim aimait tant entendre le rire cristallin de Bocky qu'il faisait tout pour l'amuser. Ils se racontaient leurs vies passées, des anecdotes de Montpointu et de Capeillet, deux mondes différents où chacun trouvait l'autre incongru et exotique. Donc souvent assez comique... Cela aurait pu être pitoyable mais ils avaient une telle façon d'aborder les choses que toutes ces histoires provoquaient de grands éclats de rire. Ils ne s'arrêtaient que lorsque les zombies étaient attirés par cette anormale activité dans ce désert morne et sans vie.


La journée fut longue mais chaque fouille apportait son lot de bonnes surprises. Ils étaient comme des enfants espiègles cherchant des trésors enfouis. Prendre cette lutte pour la survie comme un jeu était une façon de dédramatiser la situation. Et ils y parvenaient très bien !


Le soir approchant à grand pas, ils établirent le bivouac pour passer la nuit. Ils espéraient tous les deux pouvoir partager encore une nuit sous les étoiles, pleine de magie... Ils avaient aussi tous les deux, tapie au fond de leur coeur, cette peur de perdre l'autre, de se réveiller seul dans un monde aussi hostile que vide de sens.


Ils se rapprochèrent l'un de l'autre pour conjurer le mauvais sort et donner l'illusion de ne former plus qu'un corps...
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Bocky
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PostPosted: Thu 13 May - 22:45 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Bocky



Tout était si différent au dehors. Bocky, Capeillet depuis toujours, n'avait connu que des châteaux où le luxe insolent masquait la misère provoquée par la catastrophe. La tente de Kalim avait déjà été pour elle un changement radical, mais la présence de son compagnon avait compensé la pauvreté du logis. Depuis deux nuits, cependant, la ville était complètement ravagée et c'était à l'extérieur qu'il fallait chercher les quelques cachettes qui pouvaient leur sauver la vie.

Bocky était partagée à chaque minute entre l'excitation et la peur. Une nuit dans un taudis solide, même seule, même au milieu d'une attaque, n'avait rien de comparable à une nuit passée à guetter les zombies qui passaient sans les voir, parfois à quelques centimètres de leur abri. Lorsqu'ils commençaient à s'agiter, vers minuit, il fallait se recroqueviller dans le silence le plus absolu et ne pas faire un geste. Respirer le moins possible. Fermer les yeux pour qu'ils ne puissent y distinguer aucune lueur. Fermer les yeux, c'était le plus dur. Comment ne pas regarder en entendant le craquement d'une brindille près de son oreille? Comment ne pas tressaillir en entendant les hurlements de la horde?

C'est en serrant la main de Kalim dans la sienne que Bocky parvenait à garder son calme durant toute l'heure où les zombies se déplaçaient vers la ville dévastée en une macabre procession. Elle retenait son souffle, serrant les dents pour ne pas sursauter, essayant de ne penser qu'au corps chaud de Kalim contre le sien. Elle savait que le moindre chuchotement pouvait les faire repérer, que le moindre geste attirerait l'attention. Ne pas bouger était une épreuve de volonté à chaque seconde mais Bocky s'efforçait de tenir, sachant que les zombies se calmeraient au bout d'une heure.

Effectivement, les pantins désarticulés finirent par cesser leur pantomime et Bocky, tremblante, put prendre une grande inspiration. Elle se redressa légèrement dans la tombe et étendit ses jambes, soulagée. Le plus dur était passé.

« Je voudrais dormir un peu. Tu prends la première garde? »


Kalim opina, encore un peu tendu. La gardienne l'embrassa tendrement et se blottit dans ses bras, espérant pouvoir trouver le sommeil dans cet environnement hostile. Rassurée par la présence de Kalim et par la perspective d'avoir gagné une nuit de plus à ses côtés, elle s'endormit en quelques minutes.

Le jeune Montpointu la réveilla un peu avant l'aube pour prendre un peu de repos. Bocky s'assit pour surveiller les alentours mais elle fut vite distraite par le spectacle de Kalim endormi. Son cœur se serra en voyant à quel point il avait l'air vulnérable, ainsi recroquevillé contre son bouclier. Ainsi cachés dans le désert, il pouvait lui arriver malheur à tout instant. Après un dernier regard attendri, Bocky reprit sa surveillance, déterminée.

Le soleil se leva trop vite mais sa présence, chassant les ombres de la nuit, rassura Bocky. Bientôt, il faudrait se remettre en route et trouver un endroit moins peuplé pour passer la prochaine nuit. Le voyant toujours endormi profondément, Bocky n'eut pas le cœur de réveiller Kalim et se leva pour commencer à fouiller la zone dans laquelle ils se trouvaient.

« Quelle heure est-il? »

Kalim avait émergé et reprenait lentement ses esprits. La gardienne haussa les épaules, incapable de garder la notion du temps dans cet endroit qui semblait éloigné de tout.

« Il faudrait passer par la ville... »

Bocky regarda son compagnon, surprise. La ville? Ils l'avaient aperçue la veille, ce n'était plus qu'un tas de ruines où les corps de leur camarades s'entassaient sûrement, nauséabonds. Elle avait la nausée rien que d'y penser.

« Pourquoi faire? Ce lieu est maudit et n'offrira plus aucune cachette. Tu as dit que nous devions fuir. Pourquoi retourner là-bas. »

« Il reste probablement des choses utiles en banque dont les zombies n'auront pas eu besoin. Et puis, il nous faut de l'eau... »


Résignée, Bocky hocha la tête. Au delà de ces matérielles, elle comprenait que Kalim avait besoin de se rassurer en retrouvant un lieu connu. Il ne s'était pas encore tout à fait remis de la terrible attaque qu'ils avaient vécu quelques jours auparavant. Le jeune habitant se mit en route sans attendre, ouvrant la marche tandis que Bocky gardait leurs arrières. Incapable de se repérer dans ce désert sans fin, elle ne lâchait pas Kalim d'une semelle et tentait de prendre des points de repères en comptant les zombies. Ils se multipliaient tellement vite...

Et il atteignirent la ville. En deux jours, la cité pleine d'animation était devenu un endroit lugubre où la mort régnait en maîtresse absolue. Les taudis étaient démolis et les rares tentes encore debout avaient été éventrées, laissant apparaître quelques restes de leurs anciens concitoyens. Bocky détourna le regard, écœurée, et s'occupa de remplir son sac le plus vite possible, suivant les indications de son guide improvisé. Kalim avait perdu la veille le livre bleu de Rubix mais semblait en avoir tiré l'expérience nécessaire.

Ils quittèrent la ville en silence. La direction qu'ils empruntaient était bien différente de celle des jours précédents mais, aux yeux de Bocky, tout les coins du désert se ressemblaient. Elle se contenta de suivre Kalim qui marchait d'un pas assuré à travers les dune, le sac solidement ajusté sur ses épaules.

« Kalim? Tu penses que nous sommes les derniers? »

Kalimsshar s'arrêta et se retourna vers elle, l'air triste.

« Je n'en sais rien. J'espère que non. »


Le désert était tellement grand. Y'avait-il encore d'autres âmes errantes, perdus comme eux dans cette immensité? Bocky prit la main de Kalim, heureuse de ne pas être seule. La nuit s'annonçait difficile et rien ne promettait leur survie, mais elle remerciait le ciel de lui avoir envoyé l'ange qui la guidait. Un Montpointu, oui, mais quelle importance? Il était à elle et elle était à lui, pour une nuit encore et pour l'éternité.


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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Fri 14 May - 20:10 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Il avait fallu s'enfoncer loin dans le désert pour trouver un refuge convenable pour passer la nuit. Bocky portait les vivres, les outils et les armes nécessaires à leur survie pour plusieurs jours. Lui avait choisi de récupérer un vieux matelas pour gagner un peu de confort. Il avait une drôle d'allure en marchant, une espèce d'insecte affublé d'une carapace blanchâtre aux formes ridicules. Il avait aussi une réserve d'alcool pour les aider à se réchauffer la nuit et se donner du coeur à l'ouvrage.


La chance était avec eux. Ils trouvèrent un emplacement où traînaient quelques vieilles planches et un morceau de caisse récupérable. Kalim installa le matelas au fond du trou qu'ils avaient mis plusieurs heures à creuser à flanc de dune. Bocky l'aida à enfoncer le bouclier et la caisse pour faire un rempart. Cela servirait aussi d'entrée à leur repaire.


Il alla quelques instants scruter l'horizon depuis le sommet de la dune. Pas âme qui vive à des kilomètres... Il se demandait s'ils étaient les seuls encore en vie depuis que Bocky l'avait interrogé à ce sujet.


Il dévala la pente à toute vitesse, le sable fin jaillissant de partout dans son sillage. Il appréciait la sensation de ce sol qui était comme poudreux et où ses pieds s'enfonçaient comme dans un nuage.


Bocky sursauta avant de le reconnaître et de lui adresser un sourire.


Kalim baissa un peu la tête honteux de lui avoir fait peur mais afficha bientôt un petit sourire complice et des yeux rieurs comme principales excuses.


“Excuse moi... Tu me pardonnes ?”


Bocky le poussa pour jouer et il alla s'étaler de tout son long sur le sable. Elle le rejoignit bientôt pour entamer le plus charmante des luttes de corps à corps. Ils oublièrent quelques heures la précarité de leurs existences.


Kalim, allongé et songeur, contemplait les étoiles une dernière fois aux côtés de Bocky avant de rejoindre ce que les capuches appelaient leur “tombe”. Eux préféraient parler de “nid d'amour”...


“Demain, nous irons vers l'ouest. Toujours plus vers l'ouest. Peut être que nous finirons par tomber sur une ville accueillante. Et pourquoi pas ? Il doit bien exister d'autres villes dans ce vaste monde... Là bas nous ne serons pas Montpointu ou Capeillet, nous pourrons vivre ensemble sans même provoquer un haussement de sourcils indigné chez nos voisins. Oui, nous trouverons un havre de paix pour y vivre, tu verras...”


Kalim et Bocky avaient les mains unies, les doigts entrelacés...


Cette idée d'un avenir meilleur qui les attendait leur donnerait la force d'avancer, de continuer, de tenir encore cette nuit malgré toutes les hordes monstrueuses qui allaient les menacer une fois encore...
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Kalimsshar


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Joined: 28 Oct 2009
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PostPosted: Sat 15 May - 19:45 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

Kalimsshar


Kalim fut réveillé par un rayon de soleil qui perçait à travers la caisse éventrée qui obstruait l'entrée de leur planque. Il sentit la douce chaleur se répandre sur sa joue. Il avait d'abord cru, encore perdu dans les brumes du rêve, qu'il s'agissait d'une douce caresse de la main de Bocky. En ouvrant lentement les yeux, il sursauta. Bocky ? Où était elle ? Il sorti précipitamment de sa cachette pour chercher Bocky du regard, une pointe d'appréhension glaçant son coeur.


Il respira de nouveau en voyant qu'elle était déjà levée et avait commencé à creuser. Elle posa sur lui un regard attendri et lui fit un large sourire. Il n'en fallait pas plus pour que ses sens soient en parfait éveil et pour qu'il soit convaincu qu'ils avaient choisi la bonne voie. Il s'approcha pour l'embrasser avant de songer à toute autre chose.


Après quelques instants délicieux, il reprit ses esprits et son sens pratique...


“Nous devons essayer d'avancer vers l'ouest. La ville attire les zombies comme des mouches. L'odeur des cadavres sans doute... Plus nous nous éloignerons, mieux ce sera. Et puis là bas, une ville nous attend peut être. Une nouvelle ville pour une nouvelle vie.”


Bocky hocha gravement la tête et prit fermement entre les mains le puissant lance-piles modifié qui l'accompagnait partout. Kalim, encouragé par pareille escorte, ouvrit le chemin vers l'ouest. Malheureusement, les deux amoureux tombèrent après seulement un kilomètre de marche sur de nombreux morts vivants. Ils avaient déjà envahi tout le secteur. Ils hésitèrent à poursuivre. Pendant que Kalim réfléchissait à la question, Bocky prit l'heureuse initiative de refouler les zombies à coup de pieds de poings et de pile. Une fois la zone sûre, elle se tourna vers Kalim qui était encore perdu dans ses pensées, les yeux contemplant le ciel vide.


“Pour le moment, nous ne pouvons pas passer... Il va falloir se contenter de notre planque pour ce soir. C'est vraiment trop risqué. Ils étaient déjà sept et on en croisera de plus en plus. Rebroussons chemin avant d'être encerclés et cherchons des armes. Nous retenterons de forcer le passage demain. En plus, tu as trouvé de quoi améliorer notre campement, autant en profiter et économiser nos forces pour aujourd'hui.”


Kalim tapotait avec affection le tréteau que Bocky avait réussi à déterrer après beaucoup d”efforts. Lui avait perdu son temps à tenter d'extraire ce qui s'était finalement révélé être un sac de ciment qui ne leur servirait à rien à part les encombrer. Ce vieux meuble usé était peut être leur salut.


Ils s'empressèrent de rejoindre leur campement alors que le froid glacial envahissait le désert. Premier signe annonçant la procession macabre de minuit qui allait bientôt débuter...
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???


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Bocky
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Bocky


Bocky avait l'impression de vivre sur un fil tendu au dessus du vide. Plus les jours passaient et plus il était difficile de se cacher. Malgré leurs efforts, leur tombe était chaque nuit plus difficile à creuser, les barricades qu'ils amenaient jusqu'à leur campement semblait peser plus lourd chaque fois qu'ils les déplaçaient. Était-ce un effet de son imagination? Non, malheureusement. Kalim et Bocky était de plus en plus faibles, souvent incapable de faire de leur cachette l'abri rêvé avant la nuit. Bocky réalisa que leur dernier repas consistant datait de l'avant-veille, lorsqu'ils avaient partagé un vieux paquet de chips pour trouver la force de s'éloigner de la ville. A la pensée de ses miettes trop salées qui lui avaient brûlé la gorge quelques jours auparavant, la jeune gardienne saliva. Elle avait si faim...

Elle fouilla son sac, espérant trouver un reste de sandwich ou de viande mais elle n'y trouva que des cachets pour étancher la soif et une grosse twinoïde qu'elle inspecta avec méfiance. Cela lui redonnerait de l'énergie, oui, mais mieux valait la garder pour plus tard.

Pour le moment, elle avait surtout besoin d'être rassurée. La nuit avait été particulièrement difficile et les deux amoureux avait cru à plusieurs reprises être découvert. Peu avant la fin de l'attaque, un zombie avait arraché avec violence le bouclier qui les recouvrait et Bocky n'avait pu retenir un hoquet de frayeur. Ils avaient fermé les yeux, priant pour leur vie, tandis que le mort-vivant humait l'air pour les démasquer. Il s'était approché à quelques centimètres des branchages qui ne les dissimulaient qu'à demi puis avait rebroussé chemin, comme si quelque chose de plus intéressant avait attiré son attention ailleurs. Bocky, sanglotant silencieusement, l'avait regardé s'éloigner vers l'est de sa démarche chancelante. Pour la première fois, elle s'était endormie dans les bras de Kalim avant la fin de le marche des zombies.

Elle fut surprise de se réveiller en vie au petit matin. Kalim lui adressa un grand sourire et annonça qu'il venait de trouver un solide morceau de caisse enterré tout près de leur cachette. Il y avait passé la matinée. Bocky s'arma de courage et vint le rejoindre pour creuser. Sans son bouclier, elle se sentait si vulnérable devant les trois zombies qui s'étaient installées aux alentours qu'elle dut s'interrompre plusieurs fois dans sa fouille pour aller serrer Kalim dans ses bras aussi fort qu'elle le pouvait. Lorsqu'il s'aperçut qu'elle tremblait toujours, il cessa lui aussi de creuser et lui souffla à l'oreille:

« Attends-moi ici une seconde. »

Inquiète, Bocky le regarda s'éloigner à travers les dunes. Elle comprit bientôt ce qui l'attirait: presque entièrement recouvert par le sable, un bout de métal renvoyait vers eux l'éclat éblouissant du soleil. Incrédule, Bocky regarda Kalim tirer du sable son bouclier, intact, avant de revenir vers elle, un grand sourire aux lèvres.

« Ça ira mieux avec ça, non? »


Bocky courut à sa rencontre et lui sauta au cou, ravie. Ce bouclier représentait tant de choses pour elle. Sa vie disparue de Capeillet, mais aussi le souvenir de ses frères. Xtrangelus, Shurgaal, Acidestyle, Hibiscus... Tous ces noms qui la suivaient et la protégeaient à chaque pas dans le désert, ces gardiens avec qui elle avait tant partagé. Ce bouclier, c'était son ultime défense la nuit aux côtés de Kalim, leur protection alors que l'attaque faisait rage. C'était tout ce qu'elle avait vécu avec lui depuis leur rencontre. Il lui donnait l'impression qu'elle serait assez forte pour les protéger tous les deux, pour leur éviter d'être séparés. Parfois, il lui semblait que le bouclier faisait partie d'elle.

« Merci, oh merci. Si tu savais comme ça me fait plaisir... »

Elle embrassa Kalim et le regarda dans les yeux. Lorsqu'elle le voyait, ainsi souriant sous le soleil et aussi rayonnant que lui, elle n'en croyait pas sa chance de partager le quotidien d'un garçon si merveilleux. Qu'aurait-elle fait sans lui? Elle serait probablement morte, un cadavre de plus dans la ville qui les avait autrefois abrités. Bocky songea qu'il aurait été très facile de passer à côté de Kalim. Ils venaient de mondes différents et n'auraient jamais du se rencontrer.

« Tu te souviens quand nous nous sommes rencontrés? Tu m'as dit que tu n'aurais jamais du venir à cette soirée. Que c'était pure folie. »

Bocky étreignit Kalim et poursuivit:

« Je suis contente que tu ais écouté ta folie et bravé les interdits ce soir là. Jamais je ne le regretterai. »


Ils s'embrassèrent, profitant de chaque moment comme si c'était le dernier, vivant passionnément chaque seconde passée ensemble. Depuis maintenant presque une semaine, ils s'endormaient chaque soir sans savoir s'ils se réveilleraient, mais la joie de se retrouver au réveil valait tous les risques du monde. Bocky prit le bouclier des mains de Kalim et embrassa doucement chacun de ses doigts, un à un, avant de les entrelacer avec les siens. Prêts à se remettre au travail, ils échangèrent d'abord un long regard, fatigués mais heureux.

Les fouilles reprirent, interminables. Kalim avait la main heureuse et finit par dénicher une bouteille d'alcool qui devait attendre là depuis plusieurs générations mais il leur fallut bientôt se rendre à l'évidence: il n'y avait plus rien d'intéressant à dénicher dans le coin. Bocky prit Kalim par la main et le guida vers l'est pendant près d'un kilomètre avant de buter sur une planche tordue. Le morceau de bois ne servirait plus à grand chose mais il indiquait aux deux explorateurs que la zone recelait encore quelques trésors. Pendant que Kalim continuait a déterrer des bricoles, Bocky escalada la dune la plus proche afin d'avoir une vision d'ensemble des horizons.

Au sud et à l'ouest, le désert s'étendait sans qu'aucun point de repère ne vienne jalonner cet océan de sable. Une effrayante immensité. Bocky se tourna vers le nord, la main en visière, et plissa les yeux. Près d'un bâtiment dévasté, une silhouette encapuchonnée s'agitait. Aux mouvements désordonnés à la limite de l'hystérie, Bocky reconnut Kokaine et se fendit d'un sourire. Les Capuches...elle était heureuse d'en savoir en vie. Elle se tourna vers l'est et un filet de fumée s'échappant d'un bunker lui apprit qu'il y avait encore quelqu'un d'autre qui réussissait à survivre dans le désert. Qui? Elle n'en avait pas la moindre idée. Curieuse, la gardienne alluma un modeste feu avec la planche tordue inutile qu'ils avaient déterrés et entreprit de faire quelques signaux basiques en direction de l'abri à l'est.

Elle ne tarda pas à recevoir une réponse. Les lettres A-M-S-A, épelées dans le code de leur famille, lui parvinrent distinctement et elle eut un petit rire en montrant à Kalim les signaux de fumées qui s'évanouissaient dans le ciel. Les Capuches s'en étaient tirées, comme toujours, profitant de leur légendaire camouflage pour échapper à la mort. Peut-être se retrouveraient-ils en des jours meilleurs sans qu'aucune haine familiale ne vienne les empêcher de se soutenir mutuellement. Mais pour le moment, il fallait tâcher de survivre. Bocky eut le temps d'envoyer un « Bonne chance! », qu'elle espérait que Kokaine capterait aussi avant que la planche pourrie ne se consume totalement.

Il fallait cesser de rêver et travailler à leur survie à présent. Bocky se laissa glisser jusqu'en bas de la dune et rejoignit Kalim, pleine d'espoir. La vie était dure mais elle l'aimait trop pour abandonner la lutte.


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Bocky
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PostPosted: Mon 17 May - 20:30 (2010)    Post subject: Roméo et Juliette, version hordienne Reply with quote

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La nuit vint trop vite, accablant les amoureux de son atmosphère de danger. Bocky et Kalim avaient eu si peu de forces pour creuser leur abri qu'ils avaient du se cacher dans l'un des trous laissés par leurs fouilles de la journée. Leur équilibre était précaire, mais surtout, leur camouflage était trop fragile pour leur assurer une nuit de sécurité. Transis de froid, ils se recroquevillèrent l'un contre l'autre, appréhendant avec peur ce qui allait venir.

Jamais les hurlements de la horde n'avaient été aussi terrifiants. Bocky rentra la tête dans les épaules, consciente que le premier zombie qui regarderait dans sa direction la verrait, consciente aussi que Kalim s'était caché après elle, qu'il était encore plus à découvert. Elle se serra contre lui, espérant pouvoir le protéger quoi qu'il arrive. Serait-elle assez forte ? Ses bras tremblants lui en faisaient douter alors quelle tentait de maintenir son bouclier de sa poigne. Il ne fallait pas cesser d'espérer. Peut-être les zombies passeraient-ils sans les voir? Peut-être sauraient-ils se défendre? Peut-être...

Kalim se pencha vers elle pour l'embrasser et murmura:

« Promet-moi de ne pas bouger, quoi qu'il arrive. »


Bocky hocha la tête avec difficulté, les yeux brillants. Kalim la regardait avec tant d'intensité.

« Je t'aime. »


Un cri lugubre résonna dans le désert et Bocky comprit que la sinistre marche des mort-vivants avait commencé. Surtout ne pas bouger, surtout ne pas souffler trop fort. Attendre, craindre. Espérer. Presque entièrement dissimulée par l'épaule de Kalim, Bocky ne voyait de l'extérieur que les étoiles qui scintillaient comme toutes les nuits, ignorant la tension qui les habitait tous les deux. Elle sentit Kalim se raidir tout contre elle, aux aguets, et elle serra les dents. De longues minutes s'écoulèrent sans que rien ne vienne interrompre l'interminable avancée des zombies, et Bocky commença à croire qu'ils étaient mieux cachés qu'il ne l'avaient pensé.

Tout à coup, un membre décharné jaillit dans son champ de vision, cherchant à tâtons la chair humaine dans leur cachette, avant de se refermer sur le poignet de Kalim. Avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui leur arrivait, Bocky sentit qu'on la repoussait fermement au fond du trou, derrière le bouclier, et vit le jeune garçon soulevé de terre sans un cri par des dizaines de bras. Elle se débattit pour atteindre le bord de leur tombe, essayant désespérément de rattraper son amour qui lui était enlevé.

« Kalim! »

Elle ne le voyait déjà plus, submergé qu'il était par une masse informe de corps grisâtres. Elle voulut courir vers lui, les disperser. Avait-elle promis? Elle ne savait plus. Elle ne savait plus rien. « Promet-moi de ne pas bouger », oui, c'est ce qu'il avait dit. Mais les zombies... Que fallait-il faire? Sortir de sa cachette? Ne pas bouger, ne pas bouger. Se cacher. Mais Kalim? Oh Kalim... L'aider. Oui, l'aider, il fallait sortir, se battre. Mais ils étaient si nombreux. Sa promesse... Kalim... La cachette.

Son instinct de survie reprit le dessus au bout de quelques secondes et Bocky se roula en boule au fond de la tombe, secouée de sanglots désordonnés, essayant de chasser de son esprit l'image du corps immobile de Kalim. Mais que faisait-elle recroquevillée sous son bouclier alors que la lumière de sa vie se faisait dévorer à quelques mètres?

« Kalim! »

La gardienne bondit hors de sa cachette, le bouclier à la main, et se jeta tête baissée dans la mêlée putride qui entourait son amant. Elle fonçait sans voir où elle allait, écartant sans ménagement tout ce qui avait le malheur de se trouver sur son passage, frappant de son bouclier tout ce qui bougeait.

La horde finit par reculer. Fatiguée, peut-être, ou attirée ailleurs par une cible moins agitée. Elle se retira dans les profondeur du désert, laissant Bocky seule avec le corps de Kalim, étalé sans ménagement sur la sable. La gardienne baissa les yeux vers lui, incapable de réaliser ce qui venait de se passer. Le jeune Montpointu n'était plus qu'une carcasse immobile et à demi déchiquetée. Seul un peu de sang coulait encore de sa gorge tranchée d'un coup de dent. Son corps tout entier était labouré de plaies et de déchirures, ses yeux grand ouverts ne reflétaient plus rien.

Bocky se laissa tomber sur le sol sans un bruit, ne pouvant plus détacher son regard du terrible spectacle. Elle ne parvenait pas à pleurer.

« Kalim... »

Le garçon ne répondit pas, et Bocky ne s'en étonna pas. Il n'y avait plus aucun espoir. Elle se roula en boule aux côtés de Kalim et attendit que la mort vienne la prendre.

La mort ne vint pas. Les heures passèrent tandis que Bocky fixait l'immensité du ciel en silence, le film de ce qui s'était passé cette nuit-là se rejouant en boucle dans sa tête. Pourquoi ne l'avait-elle pas secouru? Elle avait beau savoir qu'elle se serait fait dévorer, que les zombies étaient beaucoup trop nombreux pour elle, son absence d'action la dégoutait. Pourquoi n'avait-elle foncé que trop tard? Bocky ferma les yeux en voyant le jour se lever. Il n'y aurait plus jamais de soleil maintenant que Kalim n'était plus. Rien ne pourrait remplacer son éclat, rien ne pourrait la réchauffer, la consoler, la compléter comme il l'avait fait.

Plusieurs heures s'écoulèrent encore avant qu'elle n'ait la force de se lever et de le regarder à nouveau. Il était un triste état, sa bouche encore déformée par la terreur. Bocky songea qu'il n'avait pas crié une seule fois. Il avait voulu qu'elle reste cachée, qu'elle survive. Mais elle ne pouvait pas, pas sans lui. La gardienne s'agenouilla aux côtés de Kalim et ferma délicatement ses yeux. Elle caressa doucement son visage lacéré par les griffes des zombies et la première larme coula sur sa joue jusqu'à celle de Kalim. Il était si froid...

Les larmes ne s'arrêtaient plus, comme si l'incompréhension avait laissé place à un profond désespoir dans lequel elle se noyait entièrement. Elle se mit à sangloter bruyamment sur le corps sans vie de celui qui l'avait accompagnée pendant 17 jours. 17 jours...si peu de temps, et pourtant toute une vie. Une éternité. Bocky songea à tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, portés par l'histoire de leurs familles. Cette soirée merveilleuse au bal, si pleine de haine et d'amour en même temps. Ces nuits dans la petite tente de Kalimsshar. Oh, ces nuits... Le souvenir des rares moments d'intimité dont ils avaient su profiter submergea Bocky de douleur. Ils avaient tant partagé. Le travail acharné au chantier, à trimer avec les Capuches pour soutenir une ville qui se mourait. Les longues marches dans le désert, ensemble à chaque pas. La main de Kalim dans la sienne, toute la nuit, dessinant comme une protection invisible autour d'elle. Cette main, si chaude. Plus jamais...

Les larmes brouillaient la vue de Bocky mais elle trouva finalement la force de les sécher. Un long hurlement déchira le silence du désert.

« Les épiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiices! »

Bocky fixa l'horizon sans comprendre, incapable même de chercher une signification à ce cri. Elle puisa un peu de courage dans ce qui lui restait de volonté et fit de son mieux pour donner à Kalim une sépulture digne de ce nom. Elle ne pouvait guère faire mieux que de l'enterrer dans le sable mais elle accomplit cette tâche avec tant d'amour qu'il lui semblait que la tombe rayonnait encore du dernier « Je t'aime » que Kalim lui avait adressé.

Elle se coucha aux côtés du monticule de sable, épuisée. Elle n'aurait plus la force de creuser sa propre tombe pour la nuit, elle le savait, mais peu lui importait. Ce soir, elle ne ferait que se coucher sous une vieille caisse en bois, et ce serait aux zombies de décider si elle devait vivre ou mourir.

La gardienne savait qu'Amsara et Kokaine étaient encore là, survivant quelque part, mais elle n'avait plus la force de les imiter. La moitié de son âme avait disparu et son monde s'était éteint. Une seule chose comptait à présent.

Rejoindre Kalimsshar.


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